Culture et identité

18 septembre 1724 : signature du Code Noir "péi" à Saint-Paul

Un anniversaire de l’esclavage à La Réunion à ne pas oublier

Témoignages.re / 18 septembre 2012

Daniel Duriès, un artiste et militant culturel de Saint-Paul, a envoyé récemment à la Rédaction de "Témoignages" un message pour informer nos compatriotes que ce mardi 18 septembre sera le 288ème anniversaire d’un événement très important de notre Histoire et notamment de la période esclavagiste. En effet, le 18 septembre 1724 à Saint-Paul, a été officialisé par le pouvoir colonial de l’époque le système de l’esclavage dans notre pays, par la signature du "Code Noir de l’île Bourbon". Nous publions ci-après le texte de ce message et remercions chaleureusement Daniel Duriès pour nous avoir transmis ce rappel de notre mémoire historique, sous la signature de Kalou Maloya et sous le titre : "L’enregistrement du Code Noir à Saint-Paul.

En 1685, Louis XIV promulgue un édit élaboré par Colbert déterminant la réglementation de la pratique de l’esclavage aux Antilles françaises. On l’appellera le Code Noir, dont s’inspirera un édit en 1724, applicable aux esclaves noirs des îles de France et de Bourbon.
54 articles fixent le cadre juridique du système esclavagiste ici. Il est signé par Louis XV, alors dauphin âgé de 13 ans, et contresigné par Jean Frédéric Phélypeaux, comte de Maupas, secrétaire d’État à la Marine et aux Colonies.

 C’est à Saint-Paul que fut signé et enregistré "Le Code Noir" le 18 septembre 1724. Ce texte, largement inspiré du Code Noir de 1685, est enregistré au Conseil supérieur de Bourbon. Ce deuxième Code Noir est en fait les « lettres de patentes en forme d’édit concernant les esclaves nègres des Isles de France et de Bourbon ».

Ce Code stipule que le nombre d’esclaves cultivant les terres étant en constante augmentation et destiné à s’étendre au-delà de l’île de Bourbon, il convient d’établir une loi et des règles de justice pour la conservation et le développement de ces esclaves dans les colonies.
Il présente l’esclavagisme (qui est un crime) comme un "secours" envers ces hommes, une nécessité, un acte charitable, expliquant qu’il faut les aider à s’adapter au climat de nos îles, les "humaniser" et les convertir à la religion chrétienne.

En un mot, ce traité présente ces esclaves déracinés, exploités, battus comme des sous-hommes qu’il faut "aider" !


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