Culture et identité

20 décembre dans la tradition de la lutte avec le PCR

Fête réunionnaise de la liberté dans la cour de Benoît blard

Témoignages.re / 21 décembre 2012

Hier au Tampon, un 20 décembre dans la cour d’un militant, Benoît Blard. Plusieurs membres de la direction du PCR ont participé à ce 20 décembre dans la tradition. Parmi eux, notamment, Paul Vergès, Élie Hoarau, Julie Pontalba, Gélita Hoarau, Jean-Max Hoarau, Ary Yee Chong Tchi Kan ou Yvan Dejean. Plusieurs sections ont aussi répondu à l’appel. Après la projection du film "Elie ou les forges de la liberté", place à un débat puis au maloya toute la nuit. Benoît Blard est intervenu au nom du PCR. Voici de larges extraits de son discours.

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hers amis, c’est un grand honneur et une grande joie de pouvoir faire vivre, de nous rappeler, ce soir, un grand moment dans l’Histoire de La Réunion, la commémoration de l’abolition de l’esclavage dans notre pays.

À la veille de fêter le 350e anniversaire de la naissance du peuple réunionnais, nous sommes particulièrement heureux, au nom du Parti Communiste Réunionnais, de rappeler à nos mémoires quelques dates de notre histoire à tous, ou tout au moins des grandes périodes qui ont ponctué la construction de ce qu’est devenu aujourd’hui notre territoire.

• 1663 : trois premières femmes malgaches débarquent ici ; elles font des enfants réunionnais qui vivent et qui meurent sans retourner à Madagascar ; c’est pour nous, la naissance du peuplement de l’île et c’est la raison pour laquelle nous fêterons tout au long l’année prochaine, dans moins de 15 jours, 350 ans après, lors de multiples manifestations, l’anniversaire de ce peuplement.

• De 1663 à 1848 : presque 200 ans, c’est la colonisation par un État européen, la France qui sous la régime de la royauté, la République qui a suivi la révolution de 1789, la période napoléonienne — entrecoupée par une courte occupation anglaise, à nouveau la royauté. L’ile Bourbon vit le régime de la l’esclavage.

La moitié de l’histoire de notre peuple

Des hommes traquent, enchainent, transportent dans des conditions indignes des être humains, dans des bateaux négriers, entassés comme des animaux, d’autres hommes de l’Afrique, de Madagascar, des Comores, d’Inde, de Chine vers divers pays du monde américain, européen ou india-océanique.

Combien ne supporteront pas les conditions des cales des navires et mourront par épidémies à bord, manque d’hygiène et seront jetés par dessus bord lors de la traversée ?

Vendus comme du bétail une fois arrivés, quelles sont leurs conditions de vie sur les plantations ? Peuvent-ils avoir une famille ? Élever leurs enfants ? Comment sont-ils traités par leurs propriétaires ?

Déjà quel nom leur a-t-on donné ? Quelle est leur origine géographique ?

Savent-ils encore et les générations qu’ils ont mises au monde, de quelles contrées d’origine ils proviennent ?

Première loi d’abolition sous la période révolutionnaire en France, les esclaves n’ont pas été libérés ici.

Il a fallu Toussaint Louverture en Haïti pour libérer son pays lors grâce à la plus grande révolte d’esclaves de l’empire colonial français.

Il a fallu attendre 1848 pour qu’un nouveau décret soit voté en France pour que les colonies d’Outre-Mer Français. Oui d’autres puissances européennes avaient déjà libéré leurs possessions ultramarines.

Notre libération n’est pas terminée

Mais les esclaves qui viennent d’être libérés sur le papier ont-ils les moyens de vivre décemment ? Ont-ils un lopin de terre ? Une case ? Des outils pour travailler ? De l’argent ?

Appelez-vous être libres que dépendre encore pour pratiquement tout de votre ancien propriétaire ?

Alors, le système économique fait venir par milliers des Indiens de l’Inde, travailleurs engagés qui, dans leur transport, leurs quarantaines dans les lazarets, leurs conditions de travail n’ont pas beaucoup plus de chances que leurs homologues affranchis ou libérés évoqués précédemment !

Les inégalités sociales, culturelles, économiques sont insupportables pour toute une couche de population, les plus nombreux.

Ce n’est qu’en 1946 que des élus communistes de La Réunion et des Antilles arrachent la départementalisation et un commencement de résorption de ces inégalités.

Croyez-vous que pendant toutes ces 60 dernières années, des hommes et des femmes de ce pays, sont restés les bras croisés devant toutes les inégalités qui touchent nos populations, nos jeunes diplômés sans travail, nos chômeurs, nos familles qui recherchent un logement, des personnes âgées qui vivent avec moins de 350 euros par mois....

Non, notre libération d’un monde économique entièrement livré au mondialisme exacerbé au capitalisme n’est pas terminée...

Continuons à nous mobiliser comme ce soir pour un avenir meilleur pour nous tous.

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