Culture et identité

50 ans après, une histoire détournée

Un demi-siècle après la guerre d’Algérie

Céline Tabou / 20 mars 2012

Le 18 mars 1962, les accords d’Evian marquent le cessez-le-feu sur tout le territoire algérien et la fin de la guerre d’Algérie entre la France et le Front de libération nationale (FLN). De 1954 à 1962, la guerre d’Algérie aura fait près de 450.000 morts.

La presse algérienne a célébré cette journée en rappelant la lutte menée par Krim Belkacem, leader du Front de libération nationale durant la guerre d’indépendance algérienne. 50 ans après la signature des accords d’Evian, de nombreux intellectuels dénoncent une histoire travestie, manipulée et dévoyée.

« La mémoire confisquée »

Les quotidiens "El Watan" et "Le Temps" ont publié des articles dénonçant l’absence d’information dans les manuels scolaires, notamment sur la vie et le combat mené par Krim Belkacem, mais aussi Abane Ramdane, Mohamed Boudiaf, Larbi Ben M’hidi et Amar Ouamrane, qui ont mené la guerre d’indépendance. Selon "El Watan", les « héros de la Révolution font toujours peur. A la seule évocation de leur nom. Peu d’historiens algériens ont tenté de faire éclater la vérité ». De son côté, "Le Temps" explique que « l’histoire de l’Algérie s’écrit en France », car les Algériens ne se sont pas appropriés leur histoire.
Les journalistes dénoncent la censure vis-à-vis du film sur Krim Belkacem, sans raison officielle. Cet épisode met en évidence ce que le journaliste du "Quotidien d’Oran" qualifie d’opacité et de vide au cours de ce 50ème anniversaire. Ce dernier dénonce la « guerre des mémoires qui a pris relais de celle des armes », en effet, peu connaisseurs de leur histoire, les Algériens n’ont pas célébré ce 18 mars, comme ce fut le cas en France, où les historiens revisitent la guerre d’Algérie et ses conséquences. « Car contrairement à ce qui se dit et s’écrit, il n’est pas possible, en l’état actuel des choses, d’écrire une histoire à plusieurs voix. Seule la voix du plus fort, du meilleur communicant, de celui qui fait les meilleurs films, écrira les meilleurs romans, sera audible » écrit Abed Charef, du "Quotidien d’Oran".

Perte identitaire

Alors que les révoltes arabes touchent à leur fin dans certains pays du Maghreb, la question identitaire refait surface cinquante ans après la fin de la colonisation et de la guerre. L’indépendance algérienne a, selon le reportage du "NouvelObs", un arrière-goût. En effet, « beaucoup de jeunes sont à la recherche de leur identité et d’une certaine vérité historique. Ils ont le sentiment que leur histoire a été tronquée ». Lydia Aït Saadi Bouras, chercheuse à l’ERASME, a expliqué au journaliste qu’il y a une « impression de mensonge renforcée par la presse et les mémoires familiales divergentes ».
En plus des conséquences du colonialisme, les Algériens font face à une histoire tronquée, « l’histoire a été bafouée » a ajouté un jeune homme au "NouvelObs". « C’est très important pour nous de savoir d’où l’on vient, pour savoir où l’on va » souligne Nacef Boudiaf, fils de Mohamed Boudiaf, président algérien assassiné, cité par L’Humanité, « la jeunesse algérienne doit trouver la clé de la communication pour se préparer au futur proche ». Ce dernier explique dans une tribune que l’important aujourd’hui pour les jeunes est de trouver le moyen de communiquer et surtout de connaitre et comprendre le système passé, pour mieux faire face à l’avenir.

Céline Tabou



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  • DEVOIR DE MEMOIRE
    hocine le combat d’une vie par croaclub

    lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news

    En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l¹époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l¹Ardoise, ceinturé de barbelés et de
    miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l’ isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd’hui se décide à parler.

    35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat

    Et pour compléter le documentaire, réécoutez sur SUD RADIO, « podcasts » l’émission du 8/11/11, de Karim Hacene, Enquêtes et Investigations, sur les harkis le camp de saint maurice l’ardoise

    Sur radio-alpes.net, Infos Générales - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13)

    Ecoutez : Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d’Evian n’effacent pas le passé, mais l’avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

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