Culture et identité

À quand un service public d’archéologie à La Réunion ?

"2011 : l’Année d’Élie, un combattant Réunionnais de la Liberté"

Témoignages.re / 12 août 2011

Vendredi dernier, cette chronique hebdomadaire de "Témoignages" pour célébrer "l’Année d’Élie" a été consacrée à la conférence donnée la veille à Saint-Leu par le docteur Yannick Korpal sur l’archéologie, l’histoire et l’esclavage. Le conférencier a répondu clairement à la question : qu’est-ce que l’archéologie ? Aujourd’hui, nous revenons sur cet événement très intéressant. Mais d’abord ce rappel : le Komité Éli de Saint-Leu et le Kolèktif Lané Éli vous invitent à la journée de célébration organisée le dimanche 21 août prochain sur le site des lazarets de la Ravine à Jacques (voir "Témoignages" d’avant-hier).

Le 4 août dernier, un Réunionnais, docteur en archéologie et chercheur à l’Université de La Réunion, a présenté un exposé pertinent sur ce que peut apporter l’archéologie à la connaissance de l’histoire de notre pays. La salle de la mairie était toute pleine et le public a participé en grand nombre au débat très riche qui a suivi l’exposé de Yannick Korpal.
En fait, cette soirée a montré une nouvelle fois que les Réunionnais s’intéressent de plus en plus à l’histoire de leur peuple, dont ils mesurent toujours davantage les richesses et les enseignements à tirer de cette connaissance. En effet, le conférencier et de nombreux intervenants ont souligné que la connaissance et la culture de notre mémoire historique sont des actions importantes pour conforter à la fois les valeurs de l’identité réunionnaise et la résistance de ce peuple.

Patrimoine humain

Au cours des échanges, de nombreux exemples ont été donnés pour illustrer les domaines où des recherches archéologiques sont à mener à La Réunion pour faire avancer la connaissance de notre histoire. On peut citer des sites comme les cimetières, dont il reste parfois peu de traces sur le terrain, comme par exemple celui qui se trouvait à l’entrée Ouest de Saint-Denis, juste à la sortie des tunnels routier et ferroviaire, là où se trouve actuellement le Régiment du service militaire adapté ; il y a aussi les séparations des cimetières entre d’une part la zone réservée aux personnes libres et chrétiennes et d’autre part celle destinée aux esclaves puis aux engagés ; on a également évoqué les lieux du marronnage et d’autres sites de la résistance de nos ancêtres.
Il fut aussi question des fouilles archéologiques préventives qui devraient être effectuées systématiquement lorsque des chantiers publics sont mis en œuvre. Et cela pour préserver le patrimoine humain que peut contenir le sol de ces sites.

Indifférence

Comme on le voit, il y a donc un travail considérable et très précieux à effectuer dans ce domaine. Surtout si l’on veut conserver les traces de notre passé et donc encore mieux connaître celui-ci, mais également si l’on veut faire respecter notre patrimoine.
Des militants culturels et politiques ont fait des demandes à l’État depuis de nombreuses années afin que celui-ci mette en place un service public pour assurer ce travail indispensable de recherches archéologiques. Mais jusqu’à présent, ces demandes n’ont pas été prises en compte. Pourquoi cette indifférence des autorités à une attente légitime des Réunionnais ? À quand donc un service public d’archéologie à La Réunion ?

L.B


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