Culture et identité

Acte de réparation à La Réunion

Pour le passé, le présent et le futur

Geoffroy Géraud-Legros / 31 octobre 2009

Dans notre pays né dans le déchirement de l’esclavage, la mort elle-même fait l’objet d’un partage inégal : des 300.000 esclaves qu’a comptés La Réunion au cours de son histoire, on ne retrouve presque plus la trace. L’archéologie réunionnaise, malgré des découvertes importantes, n’a pas encore mis au jour de véritables lieux d’inhumation d’esclaves. Cette absence a pesé sur la construction de la société toute entière : à l’errance des âmes fait écho la souffrance sociale des descendants d’esclaves, trop souvent restés les damnés de notre terre.

L’inauguration de la stèle qui aura lieu aujourd’hui à Saint-Louis au lieu-dit cimetière du Père Lafosse est un acte de réparation, qui s’adresse non seulement au passé, mais aussi au présent et à notre futur.
De 800.000 aujourd’hui, le nombre de Réunionnais s’élèvera à un million dans 20 ans ; comment poursuivre l’expérience unique d’harmonie, de mélange entre les êtres, les cultures et les religions, qui fait de La Réunion un modèle unique au monde de métissage et d’intégration ? Comment protéger et renforcer les mille équilibres qui soutiennent notre société, face à la dépression de l’économie mondiale, aux bouleversements écologiques et au courant de la mondialisation ?
Il ne sera pas possible de répondre à ces défis sans transformer en profondeur notre société, minée par d’immenses inégalités et par la reproduction des injustices et des souffrances. Celles-ci ne pourront cesser que si notre peuple tout entier est mis en mesure de connaître et d’assumer son passé.

Geoffroy Géraud



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  • Un acte de réparation pour permettre à tous les Réunionnais de connaitre leur passé de l’assumer dans un esprit de rassemblement de construction, avec aussi une véritable volonté politique et humaine pour continuer à réparer les inégalités profondes qui pèsent dans notre société marquée par un taux de chômage trop élevé, un taux d’illettrisme alarmant, une jeunesse sans repère. Aujourd’hui, il faut dépasser tous ces clivages pour que notre passé éclaire notre futur pour que chacun d’entre nous assume notre passé dans la construction, dans la cohésion dans le respect de toutes ces cultures venues de Madagascar, d’Afrique, de L’Inde, de l’ Asie, de l’Europe, des Comores... Vivre dans une île où le métissage, les différences se confondent dans l’union : notre richesse.
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