Culture et identité

Alain Lorraine, toujours vivant

Hommage artistique à un grand Réunionnais

LB / 31 mai 2010

Avant-hier à Saint-Pierre, un hommage très émouvant a été rendu par l’association "C’est-à-dire" d’Anne Cheynet et son équipe à une grande figure du monde culturel et politique réunionnais : Alain Lorraine.

Le combat mené par Alain Lorraine durant le dernier quart du siècle passé contre les séquelles de l’esclavage et de la colonisation dans notre pays est toujours d’actualité. Ce militant, poète, écrivain et journaliste qui nous a quittés le 18 mai 1999 à l’âge de 53 ans, a marqué son époque par ses compétences et ses engagements au service des grandes causes réunionnaises et humaines.
Samedi soir au Centre Culturel Lucet Langenier de Saint-Pierre, le public nombreux a longuement ovationné et remercié les artistes militants qui ont brillamment valorisé la vie et l’œuvre d’Alain Lorraine par la proclamation de plusieurs de ses textes et de chants créoles rebelles des années 70.

Le combat pour le maloya

Aux côtés d’Anne Cheynet se trouvaient notamment d’autres personnalités importantes du monde culturel réunionnais, comme Idriss Issop-Banian et Gaston Hoarau, qui ont également rendu hommage avec leurs dalons à un autre militant de cette époque, le Père Christian Fontaine, disparu en 1984.
Les chanteurs et musiciens ont en particulier rappelé le combat mené par Alain Lorraine, le PCR et des artistes comme Firmin Viry pour promouvoir le maloya, interdit et étouffé pendant des siècles, et aujourd’hui reconnu par l’UNESCO comme faisant partie du patrimoine mondial de l’humanité après le travail effectué par l’équipe de la MCUR. Comme quoi, « zordi la pli, mé domin solèy ; zordi mi pli, domin mi révèy ».

Un exemple à suivre

Cette soirée fut une occasion de rappeler les combats menés par Alain Lorraine dans ses œuvres comme “Tienbo le rein – Beaux visages cafrines sous la lampe” (1974) contre les inégalités, le racisme et toutes les autres formes d’oppression dont est victime le peuple réunionnais depuis l’esclavage. Un peuple qui continue à souffrir en grande partie de la politique injuste menée par les néo-colonialistes et leurs “komandèr péi” sur-rémunérés, dénoncés par la jeunesse rebelle d’aujourd’hui.
“Témoignages” salue ces militants culturels de samedi soir et tous les autres qui participent à la résistance de leur peuple pour faire respecter ses droits et sa dignité. Un exemple à suivre.
Pour Alain Lorraine, cité sur scène, « être révolutionnaire c’est essayer d’être humain dans un monde qui ne l’est pas ». Il est donc toujours vivant et à faire vivre dans nos têtes.

L. B.



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Messages






  • Oui Alain Lorraine tu es vivant comme les Madoré, Benoite Boulart, Luc Donat, Alain(tiens un autre) Peters, Bigoune, etc... pour ne parler que des artistes musiciens à qui on donne de l’importance de par le nom quand on n’est plus.

    Et pourtant, de son vivant qui l’ont aidé et compris vraiment quand il exprimait son MAL-ETRE par des mots, comme un cri ou une étincelle, alarmant ou allumant "son" FANAL.

    Enfin c’est déjà pas mal qu’on parle de toi, j’aimerai tant qu’on parle de ce que toi tu aurais eu envie qu’on le fasse sur des sujets qui te tenaient à coeur.

    Alain c’est peut être ça l’autre vie.

    Salut.

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