Culture et identité

Anne-Lise Siegler remporte le Prix Célimène

Hommage à une des composantes de notre peuplement

Témoignages.re / 12 mars 2012

Le 7ème Prix Célimène a été remis à une jeune Réunionnaise qui a mis en valeur l’Inde au travers de ses photos.

A l’occasion du 30ème anniversaire (1982-2012) de la Journée de la Femme, deux événements étaient organisés dans les jardins de la Villa du Département, une fête pour les femmes artistes amateurs qui ont participé au concours de créativité “Célimène” et pour 8 femmes qui, dans un domaine particulier, ont fait preuve d’un grand mérite.
La Présidente du Conseil général a remis les prix aux quatre lauréates du Prix Célimène et aux huit récipiendaires du Prix départemental du Mérite.
Soucieux de valoriser la culture, de révéler des talents et dencourager l’expression des femmes artistes-amateurs, le Conseil général a créé en 2005 le Prix Célimène, en hommage à celle qui distrayait en chansons et en poésies les voyageurs de passage dans son auberge de La Saline.
Honorer la mémoire des personnages qui, au travers de l’histoire, ont marqué l’identité de notre île et ont une place dans le cœur de chacun d’entre nous, est essentiel.
Le Prix Célimène est un rendez-vous important du calendrier culturel réunionnais ; il permet d’honorer les valeurs incarnées par des femmes artistes-amateurs, d’honorer le travail, l’effort, le dépassement de soi et la transmission des savoir-faire.
La remise du Prix Célimène, c’est un évènement : c’est un évènement pour le Conseil général, c’est un évènement pour les femmes artistes de La Réunion.
Pour donner une envergure régionale au Prix Célimène, Madame Zou, venue spécialement de Madagascar pour participer au Jury de Célimène, a été invitée.
L’ambiance a été au rendez-vous avec le trio de femmes, les Kèr Fanm, 4 saisons.
La soirée s’est achevée par un défilé de mode d’une jeune styliste réunionnaise, Elodie Lo-King-Fung, jeune, mais dont le talent est grand.


Les lauréates du Prix Célimène

1er Prix : Anne-Lise Siegler - Titre de l’œuvre : “Héritage” - Catégorie : photographie
2ème Prix : Audrey Hugon - Titre de l’œuvre : “Ma Célimène” - Catégorie : peinture
3ème Prix : Appolinaire Payet - Titre de l’œuvre : “Porphyr” – Catégorie : peinture
Prix Encouragement : Séverine Imiza - Titre de l’œuvre : “Zénération trans papay” - Catégorie : peinture


Qui était Célimène ?

Marie Monique, dite Célimène, est née à Saint-Paul le 20 avril 1807. Elle est la fille de Candide, une esclave créole.
Deux mois après sa naissance, elle est achetée, avec sa mère, par un cultivateur de La Saline, Louis Edmond Jean (ou Jeance). Affranchie le 14 novembre 1811, en même temps que sa fille, Candide épouse Louis Edmond Jeance le 26 avril 1830.
Ce dernier, né à Saint-Paul le 28 septembre 1789, est lui aussi d’origine affranchie. D’après certaines sources, non confirmées, Célimène serait le fruit d’une liaison que sa mère aurait eue avec le poète Evariste de Parny, ce dont elle aime se vanter, en plaisantant. Le 3 octobre 1839, Célimène épouse un ancien gendarme, Pierre Gaudieux, âgé de 24 ans et originaire de la Dordogne. Le couple s’installe à La Saline, sur la route de Trois-Bassins, où ils tiennent une auberge, relais d’étape entre Saint-Paul et Saint-Leu. C’est le lieu de rendez-vous des voyageurs qui empruntent la route nationale reliant le Nord au Sud de l’île.
Célimène baptise son auberge “Hôtel des hommes d’esprit, les imbéciles doivent passer sans s’y arrêter”.
Pendant que son époux, devenu maréchal-ferrant, donne à manger aux chevaux ou répare leurs fers, elle distrait les voyageurs par des chansons souvent composées à partir de ses propres poèmes, qu’elle interprète en s’accompagnant de sa guitare.
Célimène est une femme d’une vive intelligence. Elle écrit aussi bien en vers qu’en prose, en français et en créole, ce qui est très méritoire, car elle n’a pas fréquenté l’école en raison de son statut d’esclave. Célimène ne fait cependant pas dans la grande poésie. Ses vers sont dit-elle « à tort et à travers ». Sans césure, ni élision, ils riment seulement pour l’oreille. Sa renommée dépasse bien vite le cadre de son village de La Saline. Les voyageurs venant de Saint-Denis ou de Saint-Pierre ne manquent jamais de s’arrêter chez elle. Symbole de la poésie populaire réunionnaise, Célimène s’éteint à Saint-Paul le 13 juillet 1864.


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