Culture et identité

Appel à réparer le crime de l’esclavage

Un collectif d’associations commémore le 10 mai à Saint-Denis

Manuel Marchal / 10 mai 2016

Avec la manifestation organisée par la commune de Sainte-Suzanne, celle d’un collectif d’associations réunis ce mardi matin était la seule organisée pour commémorer la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.



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Deux actions ce 10 mai à La Réunion pour commémorer la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, une se déroule à Sainte-Suzanne organisée par la Mairie, et la seconde à Saint-Denis, à l’initiative de militants culturels.

Ce 10 mai à 10 heures du matin, un collectif d’associations s’était donné rendez-vous au Barachois, devant le monument rendant hommage à Géréon et Jasmin au Barachois. Cette statue est dressée sur le lieu de l’exécution de ces deux résistants à l’esclavage.

Où est la commémoration de l’État ?

En 1811, il avait participé à la révolte de Saint-Leu. Trahis par Figaro, les rebelles ont été tués ou capturés. Les survivants ont été jugés dans un procès destiné à faire un exemple, tenu dans la cathédrale de Saint-Denis. Les condamnés à mort ont ensuite été exécutés à différents endroits de l’île. Il s’agissait d’utiliser la terreur pour faire taire toute envie de révolte, rappelle Christophe Barret, un des organisateurs de la manifestation.

Ce dernier a également déploré l’attitude de l’administration, des élus et des parlementaires qui n’ont pas poussé le préfet à mettre en place une célébration officielle de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. D’après lui, tous les préfets ont reçu une circulaire leur demandant d’organiser une cérémonie. Cette absence constitue une manière de maintenir les Réunionnais dans l’ignorance de leur histoire, a-t-il dit, afin qu’ils ne puissent pas avancer.

La célébration a commencé au son du maloya avec un message de Christophe Barret. Le militant culturel plaide pour la réparation du crime de l’esclavage. En effet, depuis le 10 mai 2001, la République a reconnu que l’esclavage est un crime contre l’humanité, par nature imprescriptible. Or, tout crime a droit à réparation.

Des rues rendent hommage à des criminels

Il a également dénoncé l’existence à La Réunion de noms de rue et de places qui rendent hommage à des personnages coupables de crimes contre l’humanité, tels que Colbert ou Labourdonnais. Il a rappelé son action visant à débaptiser les rues portant ces noms, pour les renommer avec ceux de résistants à l’esclavage. Puis Christophe Barret a déclamé un fonkèr. Il a été suivi par Gaël Vellayen qui a chanté un maloya. Après la prise de parole, les participants ont déposé des fleurs au pied du monument de Géréon et Jasmin. Pendant ce temps, plusieurs maloyas étaient joués : « Banm kalou banm », « Oté Sarda ».

Après une minute de silence, un cortège s’est formé, direction la place devant la Préfecture ou se dresse une statue de Mahé de Labourdonnais. Le lieu sera renommé aujourd’hui Lakour 10 mai.

Retour en images sur cette cérémonie.


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