Culture et identité

Bal tamoul et moring à l’honneur du Zarboutan nout kiltir 2009

Alexis Marimoutou, Anacari Monneyen, Maxime Narsama et Bachelier Siampirave honorés par la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise

Manuel Marchal / 19 octobre 2009

Deux semaines après la reconnaissance du maloya au niveau mondial en tant que Patrimoine internationale de l’humanité, ce sont le bal tamoul et le moring qui ont aussi été à l’honneur de la 6ème édition du Zarboutan nout kiltir samedi à Saint-Benoît. Le président de la Région, Paul Vergès, a remis à Alexis Marimoutou, Anacari Monneyen, Maxime Narsama et Bachelier Siampirave le titre décerné par la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise.

Samedi à Saint-Benoît, le Centre de rayonnement régional "Gramoun Lélé" accueillait la remise des Zarboutan nout kiltir 2009.
Ce Zarboutan nout kiltir 2009 revêtait une signification particulière cette année, puisque le 1er octobre dernier, l’UNESCO a reconnu le maloya Patrimoine mondial de l’humanité (voir pages suivantes). Cette reconnaissance internationale est le résultat du travail des Réunionnais, notamment de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise qui a porté la candidature de notre pays. Dès la remise des Zarboutan, le roulèr a commencé à raisonner dans le quartier de Bras-Fusil (voir page 6).
Pour sa sixième édition, cette manifestation organisée par la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise a rendu hommage à des militants culturels qui ont permis à deux composantes de l’identité du peuple réunionnais de traverser les siècles : le bal tamoul et le moring.
Alexis Marimoutou et Anacari Monneyen pour le bal tamoul, Maxime Narsama et Bachelier Siampirave pour le moring, sont les quatre Réunionnais honorés cette année. Ils ont contribué à transmettre ce patrimoine et ils ont donc apporté une contribution importante pour la reconnaissance de composantes essentielles de la culture du peuple réunionnais.
Voici les portraits de nos Zarboutan 2009.

M.M.


Bal tamoul : Alexis Marimoutou

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Alexis Marimoutou

Alexis Marimoutou est né en 1936 à Saint-Benoît. Il est le 6ème enfant d’une famille de 11, dont 8 sont encore vivants.
Il décide de devenir planteur et quitte l’école à 16 ans. Il se passionne pour le maloya et les chants tamouls qu’il entend depuis l’enfance autour de lui. Il apprend à parler, à lire et écrire en tamoul par son père. Sur la propriété de son père, il y avait environ trente troupes de bal tamoul. Et peu à peu, Alexis Marimoutou va s’intégrer à elles. À l’âge de 30 ans, il devient vartial (chanteur-récitant), et pendant 20 ans, il forme des musiciens, chanteurs et danseurs.
Il est un de ceux qui ont permis au bal tamoul de se perpétuer en transmettant son héritage aux jeunes générations.


Bal tamoul : Anacari Monneyen

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Anacari Monneyen

Anacari Monneyen est né en 1919, dans le quartier de Caserne à Saint-Pierre. Il quitte très jeune l’école pour travailler à la distillerie de Caserne avec son père. Il apprend le bal tamoul auprès de son père qui était vartial et metteur en scène et devient une référence dans toute l’île.
Impliqué depuis plus de 50 ans dans le bal tamoul, Anacari Monneyen intervient dans l’association Tirouvallouvar de Saint-Louis. Plusieurs fois par semaine, il dirige les répétitions et chante les histoires tout en apprenant aux autres à avoir le ton juste, le bon rythme, la mélodie exacte.


Moring : Maxime Narsama

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Maxime Narsama

Maxime Narsama est né en 1927 à Bras-Panon. Il commence à travailler à l’âge de 13 ans dans les Hauts de Sainte-Suzanne. C’est dans cet écart qu’il découvre quelques années plus tard le moring.
Au bout de quatre dimanche, il décide de rentrer dans le rond. Il diffuse aujourd’hui son savoir auprès des associations.


Moring : Bachelier Siampirave

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Bachelier Siampirave

Né à Saint-Benoît en 1924, il a toujours travaillé la terre. Depuis 1971, il s’est installé chemin Trois Frères à Sainte-Suzanne.
Le moring, son père le pratiquait, et c’est à l’âge de 19 ans qu’il a commencé à entrer dans le rond. À 30 ans, il est un pratiquant assidu à Saint-Benoît. Il est reconnu également pour ses qualités de musiciens. Aujourd’hui, c’est tout ce savoir qu’il transmet aux jeunes.


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