Culture et identité

Bruno “Kossa i dit”

Un opus de plus

Témoignages.re / 5 octobre 2011

Avec le nouvel album “Kossa i dit”, Bruno Escyle, le créateur d’Apolonia, et ses musiciens invitent le public à la fête au séga.

La prise de son acoustique de “Kossa i dit” a débuté en septembre 2010 pour se terminer en juin 2011 à la Lakazmonmon (studio Apolonia), à la Grande Fontaine Saint-Paul. Mais les créations de ce nouvel album, du moins pour certaines d’entre elles, Bruno Escyle, leader de ce groupe, les a composées il y a un certain temps déjà : 5 ans, voire plus. Leur sélection définitive rythme avec “Sov kalité la”, une tournée des salles de spectacles.

Vintan déjà !

« Ma démarche depuis 20 ans a toujours été inscrite dans un souci d’authenticité et d’enracinement de valeurs qui ont fait mon épanouissement d’homme et de musicien professionnel. La culture réunionnaise étant riche, il était donc normal pour Apolonia d’essayer de donner une nouvelle impulsion à sa façon de faire du séga. Les instruments comme le sati et le tambour malbar ont été rajoutés à la batterie ; la basse, l’accordéon et le banjo ont fait le reste », entonne l’artiste.

« “Kossa i dit”, que vous allez écouter ou diffuser le plus longtemps possible je l’espère, c’est du séga rythmé et festif, des chansons d’amour, la vie quotidienne à La Réunion, avec en plus une instrumentation originale… [cet album] va sonner différemment à vos oreilles et va semer quelque chose de nouveau dans votre environnement de mélomane et de vrai connaisseur de la musique réunionnaise », souffle-t-il.

Bon anniversaire au groupe Apolonia, qu’il continue avec ses musiciens et son fondateur à cadencer le cœur des Réunionnais et au-delà.


Sur scène

• Jean Bruno Escyle : musiques, textes à l’exception de “Viens dans mon île”, voix lead, accordéon, chœur.
• Mireille Rivat : texte.
• Bernard Permal : basse, chœur.
• Jean-François Fauchard : accordéon.
• Jean-François Legros : batterie, chœur.
• Claude Emsalem et Jean Bruno Escyle : prise de son et mixage.

Participation exceptionnelle des Tambours Sacrés à la création “Zancète” et Pixi dont l’accordéon “Viens dans mon île”.


Au cœur des chansons

Bruno Escyle invite à découvrir le message, le fond des compositions.

“Kossa i dit”
« L’histoire peut paraître banale, mais ce titre illustre d’une certaine manière notre insularité en ce qui concerne le parcours professionnel. C’est un jeune qui part ailleurs pour les études et qui réussit à trouver du travail. Son cœur est toujours à La Réunion et donc, à chaque fois qu’il retourne pour les vacances, c’est la fête. Il replonge alors dans ses souvenirs ».

“Malé rodé”
« C’est l’histoire d’une personne habitée par un amour quasi impossible, car celle d’en face vit déjà une belle histoire. Alors, platoniquement, elle ne peut s’empêcher de rêver à cet amour impossible qui deviendra peut-être réalité ».

“Zancète”
« C’est une réflexion qui est partie d’une histoire commune à beaucoup de monde à La Réunion : l’histoire du métissage. Comme exemple, j’ai pris la mienne afin de pouvoir affirmer des choses vraies, ce qui me semble important. Je pose donc la question de l’intégration parfois difficile de certaines catégories sociales, même plus de 160 ans après l’abolition de l’esclavage. Certainement, en écoutant ce titre, chacun verra défiler sa propre histoire. Bien entendu, ce n’est pas un règlement de compte, ni une tribune pour des propos discriminatoires. Mais hélas, c’est une photographie malheureusement exacte de mon île bien souvent ».

“Mon kèr i frissone”
« Dans des moments difficiles affectivement ou amoureusement, il arrive qu’on repense à nos histoires passées. Des images fortes font alors leur apparition pendant un court instant. On se replonge avec émotion dans ses souvenirs, puis la réalité reprend le dessus ».

“In gorzé d’lo”
« C’est la vie d’une personne ordinaire rythmée par la simplicité et la bonne humeur. C’est peut-être en voie de disparition à l’heure de la société de consommation. C’est une vision de la vie dont seuls les gens “de peu” ont le secret. A la base, c’est une histoire réelle ».

“Ma suive out sillon”
« Une déclaration d’amour que je recommande aux hommes en priorité. En effet, on a un peu de mal à dire notre amour pour l’autre de peur de passer pour un “frêle”. Or, dire je t’aime, c’est formidable, n’est-ce pas ? ».

“Viens dans mon île”
« Encore une fois, on est en phase avec nous-mêmes. Apolonia est un nom portugais donné à notre île en 1528. Pratiquement à chaque album, il y a un titre qui valorise La Réunion. Celui-là est assez particulier, il est important de le signaler : c’est une amie “zoreil” qui habite à Paris, qui aime La Réunion et qui la décrit selon sa propre vision. C’est une belle invitation simple et sincère ».

“Mon idéal”
« Ce titre peut faire écho à “Mon l’univers”, album sorti en 2008. Mais c’est toute autre chose. A travers cette chanson, je voudrais amener beaucoup d’entre vous à se poser des questions sur l’importance des choses de la vie et leurs valeurs. Sincèrement, je n’arrive pas à comprendre les motivations de certaines personnes qui courent après des rêves inaccessibles au point d’oublier l’essentiel, l’amour. Le bonheur est parfois juste-là à côté de nous. Chacun son idéal ».


3 décembre, alon fé la fèt !

A un grand concert des 20 ans coproduit par Apolonia et les Théâtres Départementaux de La Réunion, on est convié le 3 décembre prochain au TPA de Saint-Gilles. Plein d’invités seront de la fête : Danyèl Waro, Lindigo, les Tambours Sacrés, etc.



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Messages






  • Salut Bruno,moin c’est in réunionnais qui vive en France depuis pas mal d’année,la premiere foi que moin la entendu out bonne oeuvres moin l’ete tout de suite enchanté par les paroles et bien sur les tres belles mélodies,et jusqu’a zordi mi appréci tout ce qu’ou fait mi dit à ou simplement continu dans cette voix,et heureusement que néna d’zartiste comme ou pou rapproche à nou ceux qui vivent en métropole de nout p’ti pays,encore mille fois bonne continuation.j-luc

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