Culture et identité

C’est une fête de l’unité réunionnaise

Célébration Jour de l’an Tamoul

Sanjiv Dinama / 19 avril 2010

Des milliers de personnes étaient rassemblées samedi dernier pour célébrer l’année 5111 à Sainte-Suzanne en présence de Yolande Pausé maire de Sainte-Suzanne et de son conseil municipal. Animation sur la place de la mairie, grand défilé de chars, spectacle culturel son et lumière sur le site du Bocage suivi d’un feu d’artifice étaient au programme.

Devenu incontournable à Sainte-Suzanne, le jour de l’an tamoul est l’occasion pour les associations de la commune de partager ce moment fort avec toute la Réunion.
Depuis 1994, la municipalité répond à une demande de la population d’organiser chaque année des festivités pour le nouvel an. Cette fête met ainsi à l’honneur la culture indienne qui fait partie intégrante de l’identité de notre île. C’est une fête de l’unité réunionnaise, tout comme la Fête de la Liberté ou encore le nouvel an chinois. Toutes les cultures sont invitées à y participer. Renforcer cette unité réunionnaise, c’est aussi l’objectif de ce jour de l’an à Sainte-Suzanne.

De 1848 et 1870, l’Inde réservoir de bras de la colonie

Yolande Pausé, maire de Sainte-Suzanne a rappelé que la société réunionnaise est imprégnée d’une histoire courte, tumultueuse et riche en créations. C’est la rencontre des différentes cultures qui a donné naissance à la société réunionnaise.
À l’origine, notre île était vierge. Les trois derniers siècles de notre histoire ont été marqués par l’esclavage jusqu’en 1848, la colonisation et l’engagisme. Ces trois siècles ont vu arriver sur l’île des émigrés de France, des esclaves de Madagascar et d’Afrique, des engagés de l’Inde et d’autres émigrés de Chine ou du nord de l’Inde. Dans ces trois siècles d’histoire, la société réunionnaise a vu se brasser des langues, des pratiques, des croyances multiples et singulières.
Ainsi, la période de l’engagisme a vu l’arrivée sur l’île de plus de 120.000 engagés indiens. Entre 1848 et 1870, l’Inde devient le réservoir de bras de la colonie. Ces engagés venaient des États indiens du Tamil Nadu, de l’Orissa, ou du Bengale. La majorité des ces engagés travaillait dans les champs de canne à sucre.
« Il s’agit aujourd’hui pour les jeunes Réunionnais issus d’ancêtres d’origines et de cultures diverses de se situer en tant que tels dans un monde en pleine mutation qui requiert un nouveau regard, une nouvelle écoute. L’Inde, la Chine ou l’Afrique australe deviennent des acteurs incontournables du 21ème siècle. La popularité de cette fête que nous célébrons aujourd’hui ne peut que profiter à notre culture » a souligné Yolande Pausé. « Bonne année à tous, Pouttandou Vajtoukkel ! ».

Sanjiv Dinama


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