Culture et identité

Ce que signifie l’arrêt du projet MCUR

Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise

Témoignages.re / 9 avril 2010

Trop de choses ont été dites et mal dites sur la MCUR, trop de désinformation, de mensonges ont obscurci le travail quotidien de l’équipe de vingt jeunes Réunionnais sous la Direction de Françoise Vergès, Carpanin Marimoutou et Éric Alendroit.
Nous voulons attirer l’attention sur ce que signifiera, concrètement, dans les jours et les semaines qui viennent, l’arrêt de ce projet pour les publics réunionnais.

La menace sur le projet MCUR signifie déjà concrètement :

- L’annulation de la conférence de Gilles Gauvin, historien, professeur des écoles, (auteur de “Abécédaire de l’esclavage” et “Les Français au quotidien, 1939-1949”. Il prépare une “Histoire de la Réunion”) et de Aude Désiré, historienne, CRDP Créteil, auteur avec Éric Mesnard de “Histoire des traites négrières et de l’esclavage”. Cette conférence devait se tenir en avril sur le thème "Comment enseigner l’esclavage à l’école ?", en préparation de la journée du 10 mai. Un séminaire était aussi prévu avec des enseignants : plusieurs dizaines s’étaient déjà inscrits.

- L’annulation de la conférence du Professeur Elikia M’Bokolo, historien, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris, auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire africaine, dont “L’Afrique au XXe siècle : le continent convoité„, “L’Afrique noire. Histoire et civilisation”. Il prépare un livre sur “Kwame Nkrumah”. Dans le cycle des “50 ans des indépendances africaines”, le Pr. M’Bokolo devait parler de cet événement fondateur, de sa signification pour le continent et le monde et de la situation actuelle en Afrique.

La menace sur le projet MCUR signifie déjà :

- L’incertitude sur la manifestation du 10 mai. Cette journée, installée par un décret du Premier ministre en février 2006, commémore nationalement les mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. Elle a pour objectif de mettre en lumière la forme de mondialisation qui émerge du commerce d’êtres humains, les liens qui s’établissent à travers le monde entre les combattants de la liberté, et de faire prendre conscience que nous sommes tous héritiers de cette histoire. Le 10 mai est donc une date nationale, elle s’ajoute à celle du 20 décembre, fête de la Liberté à La Réunion. L’équipe de la MCUR a dès 2006 proposé un outil éducatif : “100 noms de combattants de la liberté”. Ce sont des fiches biographiques qui racontent l’histoire d’une femme, d’un homme, esclave, affranchi, un libre, de la féministe américaine au grand chef marron jamaïcain, réunionnais, brésilien, du journaliste républicain français à l’abolitionniste anglais… À travers ces figures de combattants, nous devenons conscients de la longue lutte et de la nature du mouvement abolitionniste contre le commerce d’êtres humains, international, engagé, qui ne renonce jamais malgré les revers au cours des quatre siècles de lutte. Ces figures nous inspirent. Elles tracent les routes de la liberté et de la dignité. 27 classes, 5 associations devaient se retrouver, comme l’an dernier, dans le Parc boisé du Port. Plusieurs médiathèques s’étaient associées à la manifestation.

- L’incertitude sur les journées Shemin la vi, programme issu de la convention entre le Rectorat et l’équipe de la MCUR. 30 classes allaient, comme chaque année depuis 2007, montrer leurs réalisations.

- L’incertitude sur la venue de Mme Mridula Mukherjee, historienne, directrice du Nehru Memorial Musem à New Delhi, et du Professeur Aditya Mukherjee, historien, directeur de Institute for Advanced Studies, Jawaharlal Nehru University, New Delhi. Dans le cadre des 60 ans de la République indienne, Mme Mukherjee devait nous parler de Nehru et le Professeur Mukherjee du républicanisme indien.

- L’incertitude sur les autres conférences programmées pour l’année 2010.

- L’incertitude sur la remise du titre Zarboutan Nout Kiltir qui honore, depuis 2004, des femmes et des hommes qui ont œuvré pour la sauvegarde, la valorisation, la transmission de la culture réunionnaise.

- L’incertitude sur les manifestations de célébration du maloya, patrimoine de l’humanité.

Les amis de la MCUR


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