Culture et identité

Célébration du 65è anniversaire de l’insurrection du 29 mars 1947

Comité de solidarité de Madagascar

Témoignages.re / 7 juillet 2012

Dans son bulletin du mois de juin dernier qui vient de paraître, le Comité de solidarité de Madagascar revient sur les actions qu’il a menées dans le cadre de la célébration du 65è anniversaire de l’insurrection du 29 mars 1947 : une distribution de vivres à Antananarivo, et la présentation d’une exposition relatant cet épisode très important de la lutte menée par le peuple malgache pour sa liberté.

Pour célébrer le 65è anniversaire de l’insurrection du 29 mars 1947, une distribution de vivres (riz, sucre, huile) pour les anciens combattants nationalistes et les personnes du 3è âge dans la ville d’Antananarivo a été organisée par le Comité de solidarité (800 personnes). Elle a eu lieu au siège de l’association à Ampandrana le samedi 25 février 2012.

L’exposition sur la commémoration de l’insurrection de 1947 du 26 au 31 mars 2012 résulte de la collaboration entre la DCN (direction des combattants nationalistes) au sein du Ministère des Forces armées et le Comité de solidarité. Des représentants de l’État malgache ont rehaussé de leur présence cet événement (le Secrétaire général de la présidence, le Premier ministre, la Ministre de la Culture, le Ministre des Forces armées, le Ministre de la Gendarmerie nationale, des parlementaires...).
L’exposition souligne le courage exemplaire des leaders de la lutte nationaliste, entre autres : Prince Ratsimamanga, Rainandriamampandry, Lieutnant Randriamaromanana, Rakotondraibe Samuel, les fondateurs du MDRM, les femmes... sans oublier des français (avocats, artistes, journalistes...), droits et épris de justice, qui ont aidé les nationalistes malgaches.
Le Comité de solidarité fait don des panneaux de l’exposition au Ministère des Forces Armées. Faits en bâche, ils sont facilement transportables pour des expositions tournantes dans le pays. L’association encourage ainsi une sensibilisation nationale de la population sur son histoire, “un peuple sans histoire est un peuple sans âme et sans avenir”.
L’autorisation de consultation des archives françaises civiles d’Aix-en-Provence et militaires à Vincennes, 65 ans après l’événement, aurait pu compléter et enrichir le contenu de l’exposition. Elles éclairciraient des zones d’ombre sur les débuts de l’insurrection, les raisons de l’exécution de Samuel Rakotondribe avant le procès, des questions de traîtrise...
L’exposition rend hommage aux valeureux nationalistes. Parmi eux, souvenons-nous du courage de Gisèle Rabesahala malgré son jeune âge durant ces terribles événements. Leur patriotisme exigeait loyauté sans faille, un dévouement sans limite, et souvent des sacrifices tragiques.

La passation du flambeau

Le bulletin du Comité de solidarité de Madagascar donne un coup de projecteur sur des effets de l’insurrection du 29 mars 1947 : l’engagement de Gisèle Rabesahala, la création du Comité de solidarité et le Mausolée national d’Ambohitsaina.

Lutte pour l’indépendance de Madagascar. C’est la première lutte que Gisèle Rabesahala a livrée alors qu’elle avait à peine 18 ans. Elle avait soutenu ses amis du MDRM, avant, pendant et après l’insurrection du 29 mars 1947. À la suite de la répression coloniale, Gisèle avait également apporté sa compétence pour assister les avocats des combattants nationalistes, ce qui avait fait d’elle un témoin de l’histoire du Grand Procès de 1948.

En 1950, fondatrice du Comité de Solidarité de Madagascar ou Fifanampiana Malagasy, elle avait encore été parmi ceux qui s’étaient levés pour demander à l’administration coloniale une amnistie générale à tous les prisonniers politiques lors de l’insurrection de 1947. Avec le Comité, elle avait également pris en charge l’aide aux familles des prisonniers politiques, d’où la création de l’Ecole de Solidarité, à l’origine pour les enfants des prisonniers politiques, qui est devenue une école pour les enfants des familles défavorisées.

Afin de rendre hommage à ces héros nationalistes qui ont sacrifié leurs vies pour l’indépendance de Madagascar, elle avait initié la mise en place du Mausolée national d’Ambohitsaina. En outre, en guise de devoir de mémoire, et pour permettre la passation du flambeau à la génération future, en tant que Ministre de la Culture de l’époque, elle avait initié la réalisation du film documentaire “Ilo tsy Very”.

En tant que présidente nationale du Comité de Solidarité de Madagascar, elle avait réalisé la publication de l’ouvrage “Fanilo Miampita” ou “Passation de Flambeau”, rassemblant les témoignages des combattants nationalistes, ainsi que la création de l’exposition de photos et de documents sur les événements de 1947. Cette exposition a déjà été présentée à plusieurs reprises à Antananarivo, ainsi qu’à Sabotsy Name-hana, Moramanga, Antsirabe, Fianarantsoa et même dans quelques villes de France.

Lors de la commémoration du Cinquantenaire de l’Insurrection de 1947, en 1997, Gisèle avait lancé un appel pour que la France ouvre – enfin – ses archives militaires concernant ces événements, en vain. En préparation de la célébration du 65ème anniversaire de l’Insurrection de 1947, juste avant sa mort, Gisèle avait encore oeuvré au sein du Comité de Solidarité l’initiative pour le recensement de tous les combattants fusillés dans les Wagons de Moramanga. Une initiative toujours en cours, même après sa mort.

La lutte de Gisèle reste inachevée tant que les archives ne soient pas publiées, tant que les devoirs de mémoire ne soient pas faits dignement... mais elle a déjà passé le flambeau à la jeune génération pour porter haut le fanion du nationalisme que nos combattants nationalistes nous ont légué.


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