Culture et identité

CliGNEMENTS d’EllES

Cinthia Fontaine / 3 septembre 2011

Le Conservatoire botanique de Mascarin accueille jusqu’au 16 septembre la Compagnie argile et Marie-Pascale Deluen (sculpteure) en résidence d’artiste, finalisée par le spectacle "CliGNEMENTS d’EllES" au cœur du parc le samedi 17 septembre. Les recettes de la représentation seront intégralement versées à la Croix Rouge pour participer modestement à lutter contre la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique.

"CliGNEMENTS d’EllES" est un spectacle chorégraphique d’une durée de 50 minutes, mettant en scène 3 danseurs et 2 musiciens, dans une scénographie composée d’aiguilles réalisées par Marie-Pascale Deluen. Sa thématique principale est “féminin/masculin”, avec le désir d’explorer les vibrations produites par le passage des corps et des sons en mouvements dans un univers vertical. Le projet est né de la rencontre de Sylvie Robert, chorégraphe et de Marie-Pascale Deluen, sculpteure.

La préparation du spectacle accueillie au sein du Conservatoire botanique de Mascarin permettra aux visiteurs de rencontrer au fil des allées les artistes en cours de travail préparatoire. Dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine qui ont pour thème cette année "Le patrimoine voyage", ce spectacle de danse et sculpture en plein air, au sein d’un jardin qui célèbre le patrimoine végétal de notre île, ne peut qu’inviter le spectateur à rentrer lui aussi dans un certain voyage intérieur.

Marie-Pascale Deluen, sculpteure est diplômée des arts appliqués (1975) et des arts décoratifs (1997). Elle obtient le Prix de portrait Paul-Louis Weiller en 1986 et une bourse annuelle de l’académie des Beaux Arts en 2002. De nombreuses expositions et participations à des spectacles jalonnent son parcours, à la Fondation Florence, à la maison Mansart, à la Biennale 109, aux salons de Montrouge, de Bagneux, de Senlis, Trente six livres sur les mers (mères), au centre Albert Chanot à Clamart, dans une usine (la Poudrière à Seyssel dans l’Ain en 1998),"la jupe d’ouvrière" (2,50 mètres de hauteur), se lit comme un livre. En collaboration avec Roberte Léger, danseuse, elle crée une jupe-sculpture démontable, à l’hôpital de la Verrières, en décembre 2003. Puis dans le cadre de l’exposition Dialogos à Cachan, 91, le groupe F(x) danse avec ses jupes, en 2004, entre autres choses.

Elle utilise pour ce spectacle le papier comme médium elle se dit « fascinée par ce matériau révélateur de la pensée des hommes. Si l’écriture en a fait son support, la sculpture en fait là son âme. Le papier n’est pas seulement une matière, c’est aussi mon inspirateur. Lorsque je travaille avec lui, les formes sortent d’elle-même, c’est une évidence. Je me sens libre ».

« Les aiguilles reprennent leur souffle »

Ses aiguilles de papiers qu’elle "érige" depuis 1995, « je vis l’aiguille érigée comme un phallus et porteuse d’un "chas" féminin, si je puis dire : elle était la synthèse du travail que j’avais réalisé jusque-là, la symbiose du féminin/masculin », entrent au sein de la représentation. « Ma rencontre avec Sylvie Robert m’a fait percevoir ces aiguilles comme des éléments poétiques.
Les balancements des aiguilles au passage de son corps dansant m’ont évoqué toutes sortes d’images : la traversée de la pluie que chaque enfant s’imagine en évitant les gouttes d’eau, une bataille de lances, le cliquetis des armes s’entrechoquant, percussions, rythmes frénétiques, enlacement des lianes, le silence, chut ! Les aiguilles reprennent leur souffle ».

Sylvie Robert, chorégraphe est née à La Réunion en 1967. Elle part à Montpellier à l’âge de 19 ans, poursuivre des études de danse. Lors de son cursus, elle découvre la danse contemporaine et décide de s’installer à Paris en 1992. Sous l’impulsion, La Compagnie argile est créée en décembre 2008 avec pour but de promouvoir et développer la danse contemporaine et notamment la danse dite "danse contact improvisation". Pour ce faire, l’association a recours à la création, la production et la diffusion de spectacles. Elle organise aussi des actions transversales, notamment différents stages et ateliers, y compris en milieu scolaire. La danse est pour elle « un formidable outil de création artistique qui favorise les interactions avec le public aussi bien qu’avec les différents protagonistes, initiant ainsi de vraies rencontres artiste/spectateur. C’est également un outil de développement personnel très efficace, qui permet de réaliser l’unité corps/ esprit et d’ancrer le mouvement dans la perception dans le but d’être en équilibre ». Depuis sa création, la Compagnie argile a produit et diffusé VAGUES PLURIELLES, avec Danyèl Waro, Mariya Evrard et Sylvie Robert (2010). Elle est soutenue par le Conservatoire botanique de Mascarin, Le Hangar centre chorégraphique Éric Languet, Le Séchoir, La Fabrik, la DAC-OI ministère de la Culture, le Département et la Région Réunion.

La première représentation publique aura lieu le samedi 17 septembre à 15 heures, au cœur de la Collection Bambous. Elle coûtera 8 euros incluant l’entrée du jardin. Les recettes seront intégralement versées à la Croix Rouge pour participer modestement à lutter contre la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique. Les places sont limitées, pour réserver, appelez le 0262 24 92 27. Le 30 septembre à 20h30 la compagnie argile présente également "CliGNEMENTS d’EllES" au Séchoir, dans une version pour salles de spectacles, avec une création lumière signée Dominique Benvenuti.

Cinthia Fontaine


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