Culture et identité

Collecteur d’objets « lontan »

Martin Nassibou : association Farfar

Témoignages.re / 3 août 2011

Martin Nassibou recueille auprès de particulier des objets rares qu’il dévoile au public. Chacun porte en lui une histoire originale.

Passionné de jeux d’autrefois tel que « toupie (confectionnée avec goyaves), kanèt, kapsul, lastik, kours la rou, laryaj… », Martin Nassibou, au nom de Farfar, collecte depuis « 1992-1993 », des objets pour les faire re-découvrir au public.

« Tourne disque ou “ti bra”… »

Fer à repasser que les anciens « chofé avèk la brèz é la lamp pétrol », four « an fèr blan » où l’on préparait « gato banane, maï (lansim), patat), “grèg”, moulin à café manuel, tourne-disque ou “ti bra”… » au total, il a recueilli une soixantaine de pièces collectors.

Aux personnes qu’il rencontre pendant et en dehors de ses activités professionnelles, il leur demande si elles-mêmes ou des connaissances souhaitent faire don d’objets anciens. Si la réponse est positive, un rendez-vous est pris aussitôt.

En quête jusqu’à Aurère

Ce recueillement le conduit dans les hauts et les bas de La Possession, en particulier au quartier de la Rivière des Galets, au Port, et même à Mafate, Aurère et "Gran Plas". Cela vaut le déplacement !

Un cheminot lui a offert deux rails : dans l’un mangeaient et dans l’autre s’abreuvaient « les cabris et les cochons ». Récemment, on lui a remis une boule de pétanque. Particularité de celle-ci, elle pèse 15 kilogrammes et provient du chemin de fer — pas la pâtisserie.

Partage avec le public

Sa quête, il le dévoile au public lors de semaines bleues — nostalgie lorsqu’on revoit, entre autres, les ustensiles. « Gramoun », créole, Classe de Ville au Port, la Fête de l’abolition de l’esclavage sont son public… En période scolaire, des élèves viennent à Farfar où Martin Nassibou leur dévoile la vie de ses raretés.

De nos jours, le baptisé porte selon qu’il soit un garçon ou une fille un vêtement propre. Auparavant, un seul leur était confectionné. Noël, les enfants de famille modeste se souvient-il réalisaient leur présent. Une boîte de sardines, il la transformait en voiture avec en guise de roues des « kapsul » maintenues par une tige de fer. « Nou lété kontan », confie-t-il.

Dans une prochaine édition, Martin Nassibou nous ouvrira les portes de son trésor.

Jean-Fabrice Nativel


Marmit troi pyé et marmit dé… ?

« Avan, navé marmit troi pyé ». « Zordi, na marmit dé zorèy ». Martin Nassibou décrit ici les marmites à riz.


La mok gigoz ?

Qui se rappelle de l’usage de la « mok gigoz » ? Dans celle-ci, on buvait de l’eau essentiellement. Aujourd’hui, c’est dans des verres. Voilà, la mémoire rafraîchit.


Conserver une trace du passé

La famille des objets collectés s’enrichit au fil du temps de « bol, vèr a likèr, fourchèt, pla an tol… ». Le travail qu’il réalise sert grandement à garder une trace d’un passé pas si lointain.


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