Culture et identité

Des bougies, une lumière pour apaiser l’âme de nos ancêtres dérangés

Cimetière de Basse Vallée à Saint-Philippe

Témoignages.re / 4 septembre 2010

Le 1er septembre, plusieurs associations dont Miaro, Marmay la cour, les Paysans de Saint-Philippe, le MLK et le CRAN, accompagnées des habitants, ont allumé des bougies dans le cimetière de Basse Vallée, à Saint-Philippe, afin de rendre hommage à tous ces ancêtres qui y sont enterrés.

« Chacun prie dans son cœur et à sa manière, car dans ce cimetière, nous avons toutes les religions enterrées : zarab, malabar, chrétiens..., tous nos ancêtres ». François Saint-Omer, qui a orchestré cette cérémonie, a insisté sur l’importance de notre devoir de mémoire. Ce collectif associatif se mobilise pour que nos racines ne soient pas oubliées, effacées. Des lieux communs, pour se recueillir, sont importants pour que les générations futures puissent connaître et partager l’histoire de leur île. Ces lieux de recueillement sont nécessaires pour notre reconstruction. Ils maintiennent les liens avec nos ancêtres. Notre travail de réparation consiste à s’unir pour refuser ce déni d’humanité, car beaucoup de nos ancêtres sont morts sans sépultures. Rendre hommage à nos ancêtres communs, protéger nos lieux de mémoire menacés par les engins de la modernité sont de beaux actes de reconnaissance.

Nos pierres, ces tombes, nos cimetières, faut-il rappeler, inscrivent la présence de centaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants inhumés. Or, nous savons que la barbarie esclavagiste a annihilé l’existence héroïque de nos ancêtres qui ont lutté ensemble pour obtenir leur liberté. Où sont les traces des marrons ?

Aujourd’hui, et surtout demain, pour éviter la profanation de notre mémoire, il est important de préserver, sauvegarder et même réhabiliter nos sites historiques oubliés et menacés par cette urbanisation dévoreuse d’espaces.
Nous devons aussi être fiers de notre histoire et de tous nos ancêtres communs qui ont construit cette belle terre d’accueil. Ils ont droit à une reconnaissance, à un respect à la hauteur de toutes les souffrances subies sous le régime de l’esclavage.

François Saint-Omer a terminé cette cérémonie en soulignant :
« Toutes ces bougies allumées étaient une prière pour faire entendre la complainte et apaiser les âmes dérangées. Mais elles s’adressent aussi à certains dirigeants politiques pour qu’ils reviennent à une raison éclairée pour ne pas oublier leurs ancêtres ».

Noute zancèt noute fors.

Aline Murin-Hoarau


Kanalreunion.com