Culture et identité

Des intégristes religieux US veulent brûler le Coran

À l’occasion du 9ème anniversaire des attentats du 11-Septembre

Céline Tabou / 9 septembre 2010

Un groupe évangélique de Floride a l’intention de brûler un exemplaire du Coran le 11 septembre. Cette annonce a entraîné une vague de protestations par les responsables politiques américains, et la population. Cet acte suscite non pas de l’indignation pour le geste en tant que tel, mais une crainte pour la vie des soldats US en Afghanistan.

Le "Dove World Outreach Center" ("Centre colombe pour aider le monde"), groupe fondamentaliste chrétien basé en Floride, prévoit de brûler en public un exemplaire du Coran à Gainesville, lors du neuvième anniversaire des attentats du 11-Septembre. Cette initiative est censée glorifier le souvenir des victimes des attentats. Cela tombe le lendemain de la fin du Ramadan, le 10 septembre.
Selon l’AFP, une centaine de radicaux musulmans avaient déjà manifesté fin août devant l’Ambassade des États-Unis à Jakarta et menacé de déclencher une guerre sainte si le "Dove World Outreach Center" persistait. Composé d’une cinquantaine de membres, ce groupe créé en 1986 et qui accuse l’islam, « religion diabolique », de chercher à dominer le monde a appelé d’autres groupes religieux à rejoindre "La journée internationale pour brûler le Coran".
Des associations musulmanes ont fait savoir que cette initiative coïncidait avec la montée de l’Islamophobie aux États-Unis, où un projet de centre islamique près de "Ground Zero" à New York fait polémique.

Inquiétude des gradés de l’armée américaine

Les hauts fonctionnaires de la Défense américaine ne contestent pas l’acte lui-même (de brûler le Coran), mais se disent inquiets des répercussions que cela pourrait avoir en Afghanistan, où l’armée américaine est toujours en conflit. Ce projet est « source d’inquiétudes » et « place nos troupes en danger », a déclaré mardi 7 septembre la Maison Blanche. Le Général David Petraeus, commandant des Forces internationales en Afghanistan, a également réitéré ces inquiétudes : « Je suis très inquiet des répercussions possibles ». Selon lui, cela servira « la propagande des Talibans en Afghanistan et renforcerait le sentiment anti-américain dans le monde musulman ».
Hillary Clinton, chef de la diplomatie américaine, s’est dit, mardi 7 septembre, « encouragée par la condamnation claire et sans équivoque de ce geste irrespectueux, qui est venu des chefs américains de toutes les religions (...) ainsi que des dirigeants américains laïques et des leaders d’opinion ». Son porte-parole, Philip Crowley, a dénoncé un projet « détestable » et « contraire aux valeurs américaines ».
Le ministre américain de la Justice, Éric Holder, a reçu 16 associations religieuses, toutes croyances confondues, pour examiner les mesures pouvant être prises par l’administration contre les attaques anti-musulmans enregistrées depuis peu aux États-Unis.

L’ensemble du monde s’indigne

La décision sans équivoque du pasteur de l’église, Terry Kones, a été condamnée par le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, qui a indiqué à l’Agence France Presse qu’elle « risque d’avoir des conséquences néfastes sur la sécurité de nos troupes ».
De son côté, l’Iran a conseillé « aux pays occidentaux d’empêcher l’exploitation de la liberté d’expression pour insulter les livres saints » au risque de provoquer des réactions « incontrôlables », a relayé l’AFP.
La communauté chrétienne a fait part de sa révolte face à cette annonce, « brûler le Coran est contraire à l’esprit du Christ et peut détruire des années d’efforts relationnels », a déclaré Norm Nelson, président de Radio Compassion, radio d’audience nationale.
Le quotidien du Vatican, "Osservatore Romano", a titré « Que personne ne brûle le Coran », traduisant les multiples condamnations de par le monde.
En Indonésie, pays musulman le plus peuplé du monde, la minorité chrétienne craint des « tensions », et l’Union des 20.000 églises chrétiennes protestantes d’Indonésie a écrit au Président Barack Obama pour le pousser à intervenir.
Chez nos voisins mauriciens, l’Ahmadiyya Muslim Jama’at condamne dans les termes les plus fermes la décision de “Dove World Outreach Center”. Ce dernier a indiqué dans un communiqué de presse : « L’extrémisme religieux, que ce soit l’extrémisme chrétien, l’extrémisme musulman ou de tout autres types, n’est jamais le reflet fidèle de la religion. En effet, un certain nombre d’églises ont condamné cet acte. Il n’y a rien de mal à un débat intellectuel et théologique, mais cela doit se faire dans les limites de la décence et la tolérance. Au lieu de cela, ce que nous voyons, c’est la propagation d’un message de haine ».

Céline Tabou



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  • Brûler le Coran - un livre sacré - à cause de groupuscules extrémistes qui agissent au nom de l’Islam alors qu’il n’en est rien ? OK, si l’on résonne ainsi alors brûlons l’Evangile à cause de ces prêtres pédophiles qui traumatisent à vie des enfants, et la Thora pour ces milliers de Palestiniens que les israéliens massacrent injustement. Je pense que si vous lisez ou écouter le coran vous aurez une autre image de l’Islam que celle dont les médias et les imbéciles sans cervelle véhiculent.

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