Culture et identité

Exposition sur les oubliés de Tromelin

Des Malgaches contraints de vivre 15 ans sur une île déserte

Témoignages.re / 28 janvier 2016

Hier a été inauguré au Musée de Stella Matutina une exposition qui relate la tragédie des Malgaches abandonnés pendant 15 ans sur l’île déserte de Tromelin par des esclavagistes.



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À partir d’un ensemble de documents, d’objets historiques et archéologiques, le public est invité à découvrir la tragédie des esclaves oubliés de Tromelin.

Parti de bayonne le 17 novembre 1760, l’Utile, un navire de la Compagnie française des Indes orientales, s’échoue le 31 juillet 1761 sur l’île de Sable (aujourd’hui île Tromelin), un îlot désert de 1 km2 au large de Madagascar. Il transporte 160 esclaves malgaches achetés en fraude, destinés à être vendus à l’île de France (l’Île Maurice actuelle). L’équipage regagne Madagascar sur une embarcation de fortune, laissant 80 esclaves sur l’île, avec la promesse de venir bientôt les rechercher. Ce n’est que quinze ans plus tard, le 29 novembre 1776, que la Dauphine, placée sous le commandement de Tromelin approche l’île. Les esclaves survivants, sept femmes et un enfant de huit mois, sont sauvés.

À travers le naufrage et la survie des rescapés de l’Utile, c’est un pan de l’histoire maritime et la question de la traite et de l’esclavage dans l’océan Indien qui sont abordés.

Cette exposition est l’occasion de présenter les résultats des travaux conjoints, terrestres et sous-marins, du Groupe de recherche en archéologie navale (Gran) et de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) sur l’île. En effet, l’étude de ce naufrage et de la vie des rescapés a fait l’objet d’une recherche pluridisciplinaire, afin d’élucider les circonstances du drame et de documenter au mieux les conditions de vie des survivants.

L’exposition, qui présente les recherches historiques, archéologiques et environnementales effectuées sur l’île, a été prévue sous deux versions, pour permettre son itinérance simultanée en France et dans l’océan Indien, avec un corpus semblable d’objets et une scénographie commune, mais adaptée aux lieux d’accueil. Une version plus légère de l’exposition itinère également dans l’arc antillais.


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