Culture et identité

« Fouilles : science ou profanation ? »

Un appel du Kolektif Domoun

Témoignages.re / 5 février 2013

La célébration en cette année 2013 du 350ème anniversaire de la naissance du peuple réunionnais est notamment l’occasion de mieux connaître l’histoire spécifique de notre peuple : sa formation, son parcours durant trois siècles et demi, les épreuves parfois inhumaines qu’il a subies, les combats qu’il a menés pour la liberté et la justice. Cette connaissance passe en particulier par des recherches scientifiques, entre autres dans le domaine de l’archéologie. Hier après-midi à Bois Madame (Sainte-Marie), le Kolektif Domoun, qui s’intéresse à ces questions, a attiré l’attention lors d’une conférence de presse sur certaines carences, erreurs, voire pire, commises, selon lui, lors de recherches archéologiques. Nous publions ci-après les éléments d’informations transmis à ce sujet par le collectif, avec un encadré sur quelques exemples de lieux de mémoire au sujet desquels Kolektif Domoun souligne des problèmes.

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« La terre réunionnaise porte les marques de son Histoire. Il est nécessaire de les décrypter et de les préserver.

Cependant, ce travail de recherche doit s’effectuer dans le respect et en lien avec notre culture, suivant une démarche scientifique rigoureuse. La relation avec nos morts forge notre identité.

Nos ancêtres attestent de nos origines et sont les témoins de la continuité de notre peuple.

Les successions des opérations archéologiques, pilotées par les institutions de la place, reflètent une grande négligence vis-à-vis de notre conception du monde. Les corps déterrés ont une profondeur mémorielle, une valeur sacrée.

Les manquements que l’on observe sur les corps des marrons retrouvés, malmenés, non répertoriés nous choquent. Un peu moins de légèreté, plus de responsabilité et de respect sont exigés pour assurer pleinement la transmission de ces traces mémorielles. Na tro lo zo i pèrd dann péi la.

Propositions :

• inscrire les démarches de fouilles archéologiques dans un schéma cohérent d’ensemble ;

• mise en place d’une structure scientifique locale, composée des responsables associatifs, d’historiens, d’archéologues, de juristes, d’anthropologues... ;

• ouverture d’une section Archéologie à l’Université de La Réunion ;

• formation de professionnels, cadres et techniciens, au niveau des premier et deuxième cycles ;

• promotion de l’éducation culturelle, de l’archéologie vis-à-vis du public et des scolaires ; développement de supports pédagogiques ;

• offrir des services aux communautés qui font appel à cette structure.

Nous comptons sur des leaders porteurs de vision et d’alternatives pour une île destinée à davantage de vérité et d’éthique. Et vous pouvez compter sur nous, Kolektif domoun. »

Des « fouilles inexploitables en l’état »

« Au début des années 1980, un groupe de personnes — composé de gendarmes et de natifs du quartier — retrouve niché sur les remparts du Dimitile un arbre, dans lequel est conservé un crâne humain. Il est alors récupéré par les militaires et envoyé dans l’hexagone pour datation. Cette dernière confirme l’ancienneté de ces restes humains.

Cependant, à l’heure d’aujourd’hui, personne ne sait où se trouve ce crâne et ce qu’il est devenu.

Tapcal

D’autres faits similaires se sont déroulés dans la forêt de Tapcal.

Comme au Dimitile, les Cilaosiens connaissent depuis toujours l’existence de ce lieu de marronnage.

On y découvre entre autres :

- deux squelettes entiers à l’abri d’une grotte ;

- des ustensiles de cuisine ;

- une pierre circulaire gravée.

Encore une fois, départ des ossements pour la France. Aujourd’hui, il semblerait qu’ils sont conservés au Musée Léon Dierx.

Cependant, les documents certifiant ces découvertes sont perdus (Rapport de fouille). Les fouilles sont inexploitables en l’état.

Et les autres...

Plaine des Sables au Volcan (ONF), Caverne du roi Phaonce, Caverne de Cotte Mahavel, égout de la rue de Paris, entrée chemin cascade Niagara... ».


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