Culture et identité

Historique de la révolte

"2011 : l’Année d’Élie, un combattant Réunionnais de la Liberté"

Témoignages.re / 24 juin 2011

Dans le dossier de presse sur la pièce de théâtre jouée par des élèves samedi dernier au Centre régional de Boxe française et Moringue à Sainte-Suzanne, sous le titre "Élie, le combat d’un esclave pour la liberté", les organisateurs ont présenté un historique de la révolte de nos ancêtres esclaves il y a deux siècles. Voici ce document.

En novembre 1811 à Saint-Leu, commune de l’Ile Bourbon, éclate une insurrection d’esclaves pendant la période d’occupation britannique du pays, qui est durement réprimée par les autorités coloniales.
C’est dans la nuit du 5 novembre 1811 qu’Élie, forgeron de métier, esclave de Célestin Hibon, réunit à la ravine du Trou à Saint-Leu environ 60 esclaves, qui décident d’organiser une insurrection contre les propriétaires blancs de Saint-Leu afin de conquérir leur liberté.
Munis de haches, de bâtons, de pioches, de pics, armés de leur courage et de leur détermination, ils descendirent à près de 500 vers la ville de Saint-Leu afin de mettre un terme à l’exploitation et à la domination des maîtres blancs et de se libérer du système esclavagiste. Ils s’attaquèrent d’abord à la propriété de Jean Macé, tuant celui-ci et saccageant sa demeure et puis ils s’en prirent aux propriétés situées à proximité.
L’émeute dura plusieurs jours, du 5 au 8 novembre 2011. Dénoncée par d’autres esclaves qui voulaient protéger leurs maîtres, comme Figaro et Paulin, la révolte fut durement réprimée par la riposte des maîtres. Plusieurs insurgés furent tués ou blessés, d’autres arrêtés et livrés à la Justice.
Le 11 février 1812, le tribunal, réuni pour l’occasion en la cathédrale de Saint-Denis, jugea 145 rebelles de Saint-Leu. Il prononça la peine de mort pour 25 accusés, dont 15 furent exécutés publiquement dans les divers quartiers de l’île. D’autres furent condamnés aux fers à perpétuité. Le plus grand nombre d’exécutions — 5 au total — se déroulèrent à Saint-Leu, où probablement Élie et Gilles, symboles de l’insurrection, ont été décapités.


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