Culture et identité

Hommage à Alain Lorraine et à nos ancêtres résistants

"2011 : l’Année d’Élie, un combattant Réunionnais de la Liberté"

Témoignages.re / 27 mai 2011

Samedi dernier à Saint-Paul, l’écrivaine et militante culturelle Anne Cheynet a organisé avec plusieurs artistes un grand spectacle en hommage au journaliste, poète et écrivain réunionnais Alain Lorraine, décédé le 18 mai 1999. Elle a souhaité inscrire ce spectacle dans le cadre de "l’Année d’Élie" en mémoire de nos ancêtres esclaves qui se sont révoltés en 1811 dans la région de Saint-Leu, parce que Alain Lorraine s’est notamment battu pour la connaissance de notre Histoire et la reconnaissance des combattants Réunionnais de la liberté. En ouverture de cette soirée très émouvante, la parole a été donnée au KLÉ (Kolèktif Lané Élie), représenté par Ghislaine Bessière. Voici le texte de cette allocution.

Le combat pour la connaissance et l’appropriation de l’histoire rejoint la lutte pour la valorisation de la langue et de la culture réunionnaise. La vie et l’œuvre d’Alain Lorraine se situent au cœur de cette démarche culturelle. Sa poésie clame la nécessité de résister à l’oppression, cette dignité toujours présente, cette conscience collective de l’histoire. Et je voudrais remercier Anne Cheynet de nous avoir invités à cette soirée dédiée à Alain Lorraine à l’occasion de la commémoration de l’Année d’Élie, un combattant réunionnais de la liberté.
En effet, comme vous le savez, nous célébrons cette année le bicentenaire de la révolte des esclaves de Saint-Leu, la plus grande révolte de l’île, qui a eu lieu du 5 au 8 novembre 1811. Cette révolte a connu par ailleurs une très lourde répression. Plusieurs actions de commémoration ont eu lieu dans l’île et continuent tout au long de l’année jusqu’au mois de novembre, où aura lieu à Saint-Leu la célébration du bicentenaire de la révolte. Je vous invite tous à y participer.
Pour finir, je voudrais citer ces quelques vers d’Alain Lorrraine, ce chantre de la négritude, qui prêtent à réflexion :
« L’énigme des Noirs entoure chaque étoile.
Ils sont absents dans la vieille cour des servitudes.
Ils sont absents dans la reconnaissance des noms.
Ils sont ailleurs dans la rupture des marronnages.
On les nomme "cafres/cafrines/hérétiques".
Ils sont les païens des religions qui dominent.
On les fait vivre contre eux-mêmes.
Dangereuse victoire de la souillure des maîtres ».
Au-delà de la douleur de notre histoire, et peut-être à cause d’elle, la poésie d’Alain Lorraine reste celle de l’espoir : un appel à la tolérance et à la fraternité.


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