Culture et identité

Hommage à Géréon et Jasmin, deux esclaves révoltés, décapités sur le Barachois

À Saint-Denis, une cérémonie hier pour "2011 : l’Année d’Élie, un combattant réunionnais de la liberté"

Témoignages.re / 11 avril 2011

Ce dimanche 10 avril à 11 heures à Saint-Denis, sur le front de mer du Barachois (au bout de la rue Jules Auber, près de la piscine), plus de 200 personnes sont venues participer à la cérémonie organisée par la Mairie, en partenariat avec le KLÉ (Kolèktif Lané Élie), en hommage aux deux esclaves exécutés à cet endroit le 10 avril 1812, après leur participation à la révolte des esclaves en novembre 1811 dans la région de Saint-Leu.
Vendredi prochain, 15 avril, les associations Komité Éli et Rasine Kaf organisent respectivement à Saint-Leu et à Saint-Paul des actions en hommage aux neuf insurgés de 1811 exécutés dans ces deux communes.
Plus que jamais, la connaissance de notre Histoire et la culture de notre mémoire historique sont des moyens essentiels afin de bâtir un avenir meilleur pour les Réunionnais.

Dans le cadre de "Lané Élie", la Ville de Saint-Denis et le Kolèktif Lané Élie ont organisé hier matin sur la place du Barachois une cérémonie d’installation de la plaque commémorative de l’exécution des esclaves Géréon et Jasmin, « esclaves domestiques, exécutés sur cette place le 10 avril 1812 ».
Comme le rappelle cette plaque dévoilée par le maire Gilbert Annette avec Sudel Fuma, coordonnateur du KLÉ, « en 1811, des esclaves de Saint-Leu se révoltent contre le système de l’esclavage pour réclamer leur liberté. 145 d’entre eux seront arrêtés et détenus à la prison de Saint-Denis (actuelle rue Juliette Dodu) et 25 d’entre eux seront condamnés à la peine de mort. Ils seront exécutés dans les principales villes de Bourbon, comme Géréon et Jasmin le furent sur cette place ».
Ensuite, Sudel Fuma a rappelé en quelques mots les circonstances de la révolte des esclaves dans la région de Saint-Leu il y a 200 ans et l’horreur de la répression dont ces militants de la liberté ont été victimes dans toutes les régions de l’île.
La manifestation s’est terminée par des prestations de plusieurs artistes solidaires. Tiloun, qui a chanté en hommage aux révoltés : « zot lé an nout toute, nou karèss la vi » ; Ketty Lisador, qui a lu un poème d’Armel Bataille : « vyin mon frèr, nou va lèv lo poin » ; Teddy Gangama, qui a dialogué avec le maire.
Enfin, Yvrin Rosalie, président du Komité Éli de Saint-Leu, a rappelé que d’autres cérémonies auront lieu à Saint-Leu et à Saint-Paul ce vendredi 15 avril, date anniversaire des exécutions de 9 révoltés dans ces deux communes.

Correspondant


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