Culture et identité

Hommage au Père Lafosse et à Amand

Saint-Louis

YVDE / 17 décembre 2009

La célébration de l’abolition de l’esclavage, ce n’est pas seulement l’occasion de "kraz in maloya". C’est aussi un moment de "souvenans". Hier soir, au cimetière des esclaves de Saint-Louis, des associations ont inauguré deux céramiques à l’effigie du Père Lafosse et de l’esclave Amand. Un moment fort d’émotion.

L’association Espace pour promouvoir l’interculturalité (EPI), le groupe Lansor et l’association saint-louisienne Pièce Mérac, avec la collaboration de la mairie de Saint-Louis, ont inauguré, hier soir au cimetière des esclaves, deux céramiques à l’effigie du Père Lafosse et de l’esclave Amand – ce dernier avait refusé de céder sa chaise dans l’église. Un geste de résistance qui a frappé, Michel Reynolds, responsable de l’EPI.
Dans une atmosphère émouvante, dans un endroit où s’exprime à la fois les résistances, le syncrétisme religieux, l’hommage aux ancêtres -à quelques mètres de la stèle récemment inaugurée par la Région Réunion et la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR)-, une cinquantaine de personnes ont rendu hommage à ces résistants qui ont marqué l’histoire de Saint-Louis en particulier, et de La Réunion en général.
Betty Gustave, adjointe à la culture, au nom de Claude Hoarau, a tenu à rendre hommage au Père Lafosse, premier maire de Saint-Louis. Elle a souligné que le cimetière des esclaves représentait beaucoup pour la commune. « C’est un patrimoine que nous tenons à conserver. La Mairie s’associe à cette initiative et encourage toutes les associations à poursuivre le travail ». Elle a également salué, Reynolds Michel, « défenseur modèle de l’identité ».

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Souvenans

Les associations sont engagées depuis des années dans ce devoir de mémoire. Et André Payet, du groupe Lansor, a rappelé que le Centre pour le développement et la promotion sociale (CDPS) avait, il y a quelques années, élaboré un projet de valorisation du patrimoine et de l’histoire de Saint-Louis, "Farfar mémwar Sinlui". Lequel retrace le peuplement du quartier, l’esclavage, l’engagisme, le colonat, jusqu’à l’époque actuelle, à travers, le cimetière du Père Lafosse, le camp de Bellevue, le cimetière indien du Gol, etc… Une association, annonce alors un jeune, vient de se créer pour s’attacher à mettre en valeur le cimetière du Gol. Et le directeur de la culture de la mairie de Saint-Louis, explique qu’il va prendre contact avec les associations pour réexaminer le projet.
Ghislaine Bessières, de Rasine Kaf, note qu’il est important d’avoir une réflexion sur le devoir de mémoire. Elle estime que les associations qui ont porté ce projet devraient être rejointes par d’autres et que ce travail associatif doit être revendiqué et reconnu.
André Payet, avance l’idée de renouveler cette « souvenans bann zèsklav é Pèr Lafosse toulézan ». Quant à René Payet, présent à la cérémonie, il a dit sa fierté d’être là et son soutien à l’action entreprise.

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