Culture et identité

In zanfan maloya

Pierre Boto

Jean Fabrice Nativel / 27 juillet 2011

Pierre Boto est un joueur de “rouler” : l’instrument cœur du maloya. Ses battements rythment cette musique de La Réunion et sa vie. Rencontre avec cet autodidacte entre deux bricolages.

« P’ti », Pierre Boto découvre la voie des percussions au Moufia (Sainte-Clotilde). « In mok an tol » et « dé bout d’boi » ou « in vyé bak la pintir » — en guise de roulèr —, avec d’autres marmailles, il improvise un concert de sonorités donné à même la cour ou le chemin. En quelque sorte, c’est sa toute première scène. Et de cette époque date cette passion du roulèr.

Konsèr si bor’d chemin

Régulièrement, le jeune homme se « branche » au tourne-disque à pile de « maman et papa » ou de « mémé ». Avec délicatesse, il dépose sur le plateau les vinyles de « Michel Admette et Gaby Laï-Kun ». Jusqu’au repas, la voix des “ségatiers” berce la famille et ses discussions.

Vient le temps du déménagement pour Prima (Sainte-Clotilde) en 1994. Lui qui rêve de jouer sur un vrai roulèr voit son vœu exaucé dans un centre aéré. Il a une idée en tête : maîtriser cet instrument phare du maloya. A force de tâtonner, il parvient à lui donner un battement régulier.

Pierre rencontre Jean-Pierre

Dans ce quartier, il rencontre le fondateur, par ailleurs président, de Génération Pont-Neuve et bazardier. Nait au fil des rencontres une amitié qui le propulse au sein de cette association gardienne de la transmission du maloya. L’un de ses souvenirs est sa participation au défilé de la célébration du cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage ici.

Des chars de maloya vibrants au son du kayamb, pikèr, djèmbé… et du roulèr ont accompagné ce rendez-vous de la mémoire. Cette date est d’importance, car des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont été réduits en état de meubles, et plus jamais pareille situation ne doit se répéter à travers le monde !

Le roulèr lé dan’d san

Coïncidence ou pas, sa vraie première scène a lieu un 20 Décembre au Case de Prima avec Génération Pont-Neuve et avant la prestation d’Analyse, se rappelle-t-il.

Roulèr, kayamb, pikèr… forment un ensemble d’instruments de la musique maloya. Cette passion, il la partage avec ses dalons « Lélin Andriana et Harry Périgone ».

Pour une seule raison il sait en jouer, « sa lé dan mon san ». Bravo à cet autodidacte.

Texte et photos Jean-Fabrice Nativel
Témoignages.jfn@gmail.com
 


Un talent apprécié de Prima

Le talent de Pierre Boto est apprécié de la cité de Prima. Lors d’une fête familiale ou d’une sortie au tour de l’île, on fait appel à lui pour mettre de l’ambiance.


Une mère « plantèr d’kan »

Avec émotion, il parle de sa mère. En sa compagnie, il quittait le Moufia, et devinez pour quelle destination ? Prima, où tous les deux plantaient de la canne à l’emplacement actuel de la CINOR.


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