Culture et identité

John Brown - 1800-1859 (États-Unis)

100 noms pour le 10 mai avec la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise

Témoignages.re / 8 avril 2010

« Le corps de John Brown gît dans la tombe. Son âme, elle, marche parmi nous », dit une célèbre chanson populaire américaine.

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John Brown - 1800-1859 (États-Unis)

Le 2 décembre 1859, l’un des grands abolitionnistes des États-Unis d’Amérique, John Brown, prédicateur “blanc”, est exécuté par pendaison. Quelques semaines plus tôt, il avait tenté de provoquer une révolution d’esclaves, mais avait échoué. Ayant vécu quelque temps, pendant son enfance, dans la demeure d’un homme violent possédant un esclave, John Brown avait été témoin des mauvais traitements et les châtiments subis par ce dernier. Ces scènes l’avaient traumatisé, et il s’était juré de lutter toute sa vie contre l’esclavage. À partir de 1855, il avait, avec cinq de ses fils, décidé de sillonner les États du Sud pour s’en prendre physiquement aux esclavagistes. Quelque temps avant l’exécution de John Brown, Victor Hugo avait fait parvenir aux autorités américaines une lettre dans laquelle il demandait — en vain — sa grâce.

« [...] Au point de vue politique, le meurtre de Brown serait une faute irréparable. Il ferait à l’Union une fissure latente qui finirait par la disloquer. Il serait possible que le supplice de Brown consolidât l’esclavage en Virginie, mais il est certain qu’il ébranlerait toute la démocratie américaine. Vous sauvez votre honte, mais vous tuez votre gloire. Au point de vue moral, il semble qu’une partie de la lumière humaine s’éclipserait, que la notion même du juste et de l’injuste s’obscurcirait, le jour où l’on verrait se consommer l’assassinat de la Délivrance par la Liberté ».

Victor Hugo, Hauteville-House, 2 décembre 1859


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