Culture et identité

Joyeux anniversaire à Bruny Payet

Témoignages.re / 8 juin 2015

Une rencontre qui a eu lieu hier, à Saint-Paul, après la chaîne humaine de ce matin à la ravine du Trou. Le prétexte en était l’anniversaire de Bruny Payet, né le 1er juin 1922 ; il fête donc ses 93 ans.

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Bruny Payet et Annie Darencourt. Hier à Saint-Paul, c’était l’anniversaire de Bruny Payet.

Bruny Payet a fêté hier son anniversaire à Saint-Paul. Quelques amis du syndicat lui ont rappelé les années passées au siège de la CGTR (1974-1985), après avoir été secrétaire général de mairie à Saint-André (1953-1957) puis directeur de publication à Témoignages (1955 à 1974).

Loin de la nostalgie des anciens combattants, Bruny Payet a discuté de la vie à venir du syndicat, écoutant les uns et les autres.

Maurice Labenne a rappelé l’époque où Bruny Payet est arrivé à la tête du syndicat et Annie Darencourt, les quelques années où elle a accompagné (et rempli) l’emploi du temps du “permanent” comme l’a dit Alain Lorraine.

« … Etre du bond. N’être pas du festin, son épilogue. (…) »
René Char, les feuillets d’Hypnos, 1946.

Intervention d’Annie Darencourt


Chers camarades,
Chers amis,

C’est un grand moment que nous partageons ensemble aujourd’hui autour de notre ami et camarade Bruny Payet qui fête ses 93 ans.

93 ans ! Que dire du combat de cet homme ! Il y aurait tellement à dire et à écrire. Je me bornerai à brosser un rapide panorama des quatre années que j’ai partagées avec lui et d’autres camarades.

Alors pour ce faire, j’ai tiré un tiroir, un tiroir de l’histoire que n’ai-je vu du secrétaire confédéral du syndicat le plus représentatif des travailleurs réunionnais au début des années 74.

Une petite case en bois sous tôle de la cour Basile à St-Denis, devenue boulevard de l’Océan. Au fond de l’unique pièce, un tréteau servant de bureau à l’homme que l’administration française a qualifié de « trop diplômé pour travailler à La Réunion ».
Entre ses écrits, ses appels téléphoniques, ses rendez-vous avec les camarades – très souvent ces derniers arrivaient à l’improviste dans le seul espoir de rencontrer Bruny et il ne les décevait pas – donc parmi tout ça, il prenait le temps de sillonner les routes de l’île au volant de sa Volkswagen bleue, comme l’a si bien écrit le poète Alain Lorraine, pour tenir des réunions de chantiers, pour expliquer l’appel à la grève, ou encore diverses revendications salariales.

J’ai tiré un tiroir, un tiroir de l’histoire. Que n’ai-je vu qui n’était nous ?
La tenue du stand de la CGTR au Port à la fête de Témoignages ;
La vente du journal « le Travailleur réunionnais » au Ti marché de St-Denis.
La formation des représentants du personnel pendant une semaine au Dos d’Ane et chaque année.
La formation des syndiqués, une fois par semaine, de 18 h à 20 h voire 20 h 30, tantôt par le camarade et l’ami Gabriel Garcia, tantôt par notre regretté camarade et ami Francis Sautron.
Les réunions du bureau, une fois tous les 15 jours, à partir de 18 h avec nos camarades Maurice Labenne (secrétaire de l’union régionale Sud) et Denis Irouva qui venaient de Saint-Pierre, Serge Bourhis (secrétaire de l’union régionale Ouest) et Roger Rosina, et Gilbert Ramin (secrétaire de l’union régionale Est) qui habitaient à Saint-Benoit.

J’ai tiré un tiroir, un tiroir de l’histoire. Que n’ai-je vu qui n’était moi ?
Une jeune fille de 18 ans qui a eu le privilège de commencer son entrée dans le monde du travail auprès de ce grand Monsieur qui lui a appris, sans doute sans s’en rendre compte :
– le respect du travail des autres quels qu’ils soient,
– à ne pas rechigner devant le travail,
– à transmettre ses connaissances au plus grand nombre, et
– à ne jamais désarmer.

Nous sommes conscients, camarade Bruny, de toute l’énergie que tu as donnée aux travailleurs réunionnais, par là-même à nous tous, et ce au détriment de ta vie de famille, de ta vie d’homme tout simplement.

Nous ne te serons jamais assez reconnaissants. Merci encore et encore pour tout. Et pour aujourd’hui, laissons place à la fête. Joyeux anniversaire à toi.



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Messages






  • Mr Bruny Payet ,un homme qui mérite le respect . Travail , souffrance , abnégation , frustration ,courage , humilité , pauvreté matérielle mais richesse de coeur , foi inébranlable ,tels sont les mots qui lui sont familiers .
    Cet ingénieur a sacrifié un brillant avenir professionnel en Algérie pour revenir dans son île natale et servir ses idéaux et ses convictions.
    Au lycée colonial de Saint-Denis , il a connu Hyppolite Foucque ,Raymond Barre ,les frères Vergès et bien d’autres qui ont marqué de leur empreinte l’histoire de nôtre île.
    Lorsque je l’ai connu à Saint-André , j’avais 10 ans.
    Secrétaire général de mairie sous Raymond Vergès , avec notamment les Affejee , Mme Gabriel Panon et Léonce Panon , toujours au service des plus humbles , il fut destitué de son poste illicitement après la mort de ce dernier en 1957 , non pas par démission mais victime du "gangstérisme" d’un certain Préfet chargé par son chef hiérarchique de virer tous les communistes des mairies de la Réunion .
    Merci ,Mr Bruny pour tout et Joyeux anniversaire .

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  • Heureux de le voir et d’avoir de ses nouvelles , le mot CAMARADE a toujours été pour cet homme au service du parti du syndicat et des Réunionnais dans son ensemble .
    Bon Anniversaire Camarade Bruny . Z.Y.

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