Culture et identité

L’Atoll de Bikini au Patrimoine mondial de l’humanité

Déjà 18 nouveaux biens inscrits par l’UNESCO

Témoignages.re / 2 août 2010

À quelques heures de la fin de la 34ème session du Comité du Patrimoine mondial de l’UNESCO, toujours pas de nouvelles de l’inscription ou pas de la candidature réunionnaise. À l’heure où nous mettons sous presse, les délégués ont repris ce dimanche l’examen des différents dossiers. Officiellement, l’UNESCO a publié un communiqué intitulé "Nouveaux biens inscrits - 2010" que nous reproduisons ci-après. Il annonce l’inscription de 14 biens situés sur les territoires des États suivants : Iles Marshall, France, Arabie Saoudite, Iran, Inde, Vietnam, Chine, Tadjikistan, Australie, Corée, Pays-Bas, Sri-Lanka et USA. Ce premier résultat montre que soutenue par deux personnes, les maires d’Albi et d’Abbomey, et présentée par la France, la candidature de la cité épiscopale d’Albi a été acceptée par l’UNESCO, elle figure donc depuis samedi dans le Patrimoine mondial de l’humanité. À noter également l’inscription de l’Atoll de Bikini, lieu d’expérimentation des armes de destruction massive US entre 1946 et 1958. Cette décision de l’UNESCO constitue, selon la délégation suisse, une étape vers le désarmement nucléaire.

Atoll de Bikini, site d’essais nucléaires

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en étroite relation avec les débuts de la Guerre froide, les Etats-Unis décidèrent de reprendre leurs essais nucléaires dans l’océan Pacifique sur l’Atoll de Bikini dans l’archipel des Marshall. Une fois les habitants déplacés, 67 tirs nucléaires furent réalisés entre 1946 et 1958, dont celui de la première bombe H (1952). La flotte coulée dans le lagon par les essais de 1946 ou le gigantesque cratère Bravo constituent des témoignages directs des tirs nucléaires. D’une puissance totale 7.000 fois supérieure à celle d’Hiroshima, ils eurent des conséquences importantes sur la géologie de Bikini, son environnement naturel et la santé des populations irradiées. Par son histoire, l’atoll symbolise l’entrée dans l’âge nucléaire malgré une image paradoxale de paix et de paradis terrestre. Il s’agit du premier site des Iles Marshall à être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.


La cité épiscopale d’Albi

Située en bordure du Tarn, la vieille ville d’Albi, dans le Sud-Ouest de la France, reflète l’épanouissement d’un ensemble architectural et urbain médiéval dont témoignent aujourd’hui encore Le Pont-Vieux, le bourg de Saint-Salvi et son église (10ème-11ème siècle). Au 13ème siècle, la ville devint une puissante cité épiscopale au lendemain de la croisade des Albigeois contre les Cathares. D’un style gothique méridional original à base de briques aux tons rouge et orangé fabriquées localement, la cathédrale fortifiée qui domine la ville (XIIIème siècle) illustre la puissance retrouvée du clergé romain. Elle est complétée par le vaste palais épiscopal de la Berbie qui surplombe la rivière et est cernée par des quartiers d’habitations datant du Moyen Age. La cité épiscopale d’Albi forme un ensemble de monuments et de quartiers cohérent et homogène qui n’a pas subi de changements majeurs au fil des siècles.


District d’at-Turaif à ad-Dir’iyah

Ce site fut la première capitale de la dynastie saoudienne, dans le centre de la péninsule arabique, au Nord-Ouest de Ryad. Fondée au 15ème siècle, elle témoigne du style architectural Nadji, propre au cœur de la péninsule arabique. Au 15ème et au début du 19ème siècle, son rôle politique et religieux s’est accru et la citadelle d’at-Turaif est devenue le centre du pouvoir temporel des Saoud et de la diffusion de la réforme wahhabite au sein de la religion musulmane. Le bien comprend des vestiges de nombreux palais et d’un ensemble urbain érigé en bordure de l’oasis ad-Dir’iyah.


Dernière minute

Quatre nouveaux biens retenus dimanche

Ce dimanche, l’UNESCO examinait des candidatures à l’inscription au Patrimoine mondial. Voici les derniers biens inscrits à l’heure où nous mettons sous presse : les églises Saint-Cyril et Saint-André en Ukraine, église de la Résurrection en Roumanie, l’ensemble paléolithique de Siega Verde en Espagne.


Bazar historique de Tabriz

Lieu d’échange culturel depuis l’Antiquité, l’ensemble du bazar historique de Tabriz est l’un des plus importants centres de commerce le long de la Route de la Soie. L’ensemble du bazar historique de Tabriz se compose d’une série d’enceintes et de structures couvertes en briques reliées entre elles et d’enceintes aux fonctions variées. Tabriz et son bazar étaient déjà prospères et célèbres au 13ème siècle, lorsque Tabriz, située dans la province d’Azerbaïdjan-Oriental, devint la capitale du royaume safavide. La ville, qui perdit son statut de capitale au XVIème siècle, conserva son rôle de pôle commercial majeur jusqu’à la fin du XVIIIème siècle avec l’essor du pouvoir ottoman. Il s’agit d’un des exemples les plus complets de système commercial et culturel traditionnel d’Iran.


Ensemble du Khānegāh et du sanctuaire de Cheikh Safi al-Din à Ardabil

Construit entre le début du 16ème siècle et la fin du 18ème siècle, ce lieu de retraite spirituelle soufi utilise les formes architecturales traditionnelles iraniennes. Les constructeurs ont su tirer le meilleur parti de l’espace réduit pour assurer de multiples fonctions, notamment une bibliothèque, une mosquée, une école, un mausolée, une citerne, un hôpital, des cuisines, une boulangerie et quelques bureaux. Le site comprend un cheminement conduisant au sanctuaire du Cheik articulé en sept étapes qui reflètent les sept stades du mysticisme soufi, séparées par huit portes qui représentent les huit attitudes du soufisme. Le site comprend également des façades et des intérieurs richement ornementés ainsi qu’une remarquable collection d’objets anciens. Il forme un rare ensemble d’éléments d’architecture islamique médiévale.


Jantar Mantar, Jaipur

Le Jantar Mantar de Jaipur est un site d’observation astronomique construit au début du XVIIIème siècle. Il comprend un ensemble d’une vingtaine d’instruments fixes. Edifiés en maçonnerie, ce sont des exemplaires monumentaux d’instruments connus, mais souvent aux caractéristiques particulières. Destinés à des observations d’astronomie à l’œil nu, ils comportent plusieurs innovations architecturales et instrumentales. C’est l’ensemble le plus significatif, le plus complet et le mieux conservé des observatoires anciens de l’Inde. Il exprime les compétences astronomiques et les conceptions cosmologiques acquises dans l’entourage d’un prince savant à la fin de l’époque moghole.


La cité impériale de Thang Long-Hanoi

La cité impériale de Thang Long est le 900ème site à être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Edifiée au XIème siècle par la dynastie Viêt des Ly, elle concrétise l’indépendance du Dai Viêt. Elle a été construite sur les vestiges d’une citadelle chinoise remontant au 7ème siècle, dans les terrains drainés du delta du fleuve Rouge à Hanoï. Elle fut le lieu du pouvoir politique régional de manière continue pendant près de treize siècles. Les édifices de la cité impériale et les vestiges de la zone archéologique 18 Hoang Diêu expriment une culture originale du Sud-Est asiatique propre à la basse vallée du fleuve Rouge, à l’intersection des influences venues de la Chine, au Nord, et de l’ancien royaume du Champa au Sud.


Monuments historiques de Dengfeng au « centre du ciel et de la terre »

Songshang est considéré comme le mont sacré central de la Chine. Au pied de cette montagne haute de 1.500 mètres, à proximité de la ville de Dengfeng, dans la province du Henan, s’étendent sur 40 kilomètres carrés huit ensembles d’édifices, qui comprennent notamment trois portes Que Han — vestiges des plus anciens édifices religieux d’Etat chinois —, des temples, la plateforme du cadran solaire de Zhougong et l’observatoire de Dengfeng. Edifiées tout au long de neuf dynasties, ces constructions reflètent de différentes manières la perception du centre du ciel et de la terre et le pouvoir de la montagne comme centre de dévotion religieuse. Les monuments historiques de Dengfeng figurent parmi les meilleurs exemples de bâtiments anciens voués à des activités rituelles, scientifiques, technologiques et éducatives.


Sarazm

Sarazm, qui signifie “le commencement de la terre”, est un site archéologique qui témoigne de peuplements humains sédentaires en Asie centrale, du IVème millénaire avant J.-C. à la fin du 3ème millénaire avant J.-C. Les vestiges montrent l’essor d’un proto-urbanisme précoce dans cette région. Ce centre de peuplement, parmi les plus anciens d’Asie centrale, est situé entre une zone montagneuse propice à l’élevage du bétail par des bergers nomades et une grande vallée favorable au développement de l’agriculture et de l’irrigation par les premières populations sédentarisées de la région. Sarazm démontre aussi l’existence d’échanges matériels et culturels et des liaisons marchandes entre les steppes de l’Asie centrale, le Turkménistan, le plateau iranien, la vallée de l’Indus et jusqu’à l’océan Indien.


Sites de bagnes australiens

Le site comprend une sélection de onze colonies pénitentiaires, parmi les milliers qu’établit l’Empire britannique en Australie aux 18ème et 19ème siècles. Elles sont situées sur le pourtour maritime fertile, dont les Aborigènes furent chassés, principalement autour de Sydney et dans l’île de Tasmanie, mais aussi dans l’île Norfolk et à Fremantle. Ces bagnes accueillirent des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, condamnés par la justice britannique. Chacun des sites avait une vocation propre, qu’il s’agisse d’enfermement punitif ou de rééducation par le travail forcé au service du projet colonial. Le bien présente les meilleurs exemples survivants de la déportation de criminels à grande échelle et de l’expansion colonisatrice des puissances européennes par la présence et le travail des bagnards.


Villages historiques de Corée : Hahoe et Yangdong

Fondés au 14ème-15ème siècle, Hahoe et Yangdong sont considérés comme les deux villages claniques historiques les plus représentatifs de la République de Corée. Leur disposition et leur emplacement, abrités par des montagnes boisées et face à une rivière et à des champs agricoles ouverts, reflètent la culture confucéenne aristocratique propre au début de la dynastie Joseon (1392-1910). Les villages étaient situés de façon à tirer une nourriture à la fois physique et spirituelle des paysages alentour. Ils comprenaient les résidences des familles dirigeantes, les solides maisons à charpente en bois des autres membres du clan, ainsi que des pavillons, des salles d’étude, des académies confucéennes et des groupes de maisons à un étage à murs en torchis et toit de chaume, anciennement réservés aux roturiers. Les paysages de montagnes, d’arbres et d’eau autour des villages, au panorama encadré par des pavillons et des retraites, étaient célébrés pour leur beauté par les poètes des 17ème et 18ème siècles.


Zone des canaux concentriques du 17ème siècle à l’intérieur du Singelgracht, à Amsterdam

L’ensemble urbain historique du quartier des canaux à Amsterdam est le projet d’une nouvelle “ville-port” construite à la fin du 16ème siècle et au 17ème siècle. Il s’agit d’un réseau de canaux à l’Ouest et au Sud du bourg historique et du bourg médiéval qui enserre la vieille cité et qui accompagna le déplacement des limites fortifiées de la ville vers l’intérieur des terres, le Singelgracht. Ce programme de longue durée consistait à étendre la ville en drainant les terres marécageuses par des canaux en arcs concentriques et à remblayer les espaces intermédiaires. Ces espaces ont permis l’épanouissement d’un ensemble urbain homogène constitué de maisons à pignons et de nombreux monuments. Cette extension urbaine a été la plus grande et la plus homogène de son temps. Ce site présente un exemple de planification urbaine de grande échelle qui servit de modèle de référence dans le monde entier jusqu’au 19ème siècle.


Hauts plateaux du centre de Sri Lanka

Les Hauts plateaux du Sri Lanka sont situés dans le centre-Sud de l’île. Le bien comprend l’Aire protégée de Peak Wilderness, le Parc national de Horton Plains et la forêt de conservation des Knuckles. Ces forêts de montagne, qui s’élèvent à plus de 2.500 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer, abritent une variété de flore et de faune extraordinaire, notamment plusieurs espèces en danger comme le semnopithèque à face pourpre, le loris grêle de Horton Plains et le léopard du Sri Lanka. La région est considérée comme un point chaud de la biodiversité du Sri Lanka.


Papahānaumokuākea

Papahānaumokuākea est le nom d’un vaste groupe linéaire et isolé de petites îles et atolls à faible altitude (océan autour compris) situées à près de 250 km au Nord-Ouest du principal archipel hawaiien et qui s’étendent sur environ 1.931 km. Le site possède une signification cosmologique pour les natifs hawaiiens, en tant qu’environnement ancestral, incarnation du concept de parenté entre les hommes et le monde naturel, berceau de la vie et terre d’accueil des esprits après la mort. Sur deux des îles, Nihoa et Makumanamana, on trouve des vestiges archéologiques relatifs au peuplement et à l’occupation des sols à l’époque pré-européenne. C’est aussi une zone d’habitats pélagiques et d’eaux profondes avec des caractéristiques remarquables telles que des monts sous-marins et des bancs submergés, de vastes récifs coralliens et des lagons. Il s’agit de l’une des aires marines protégées les plus vastes du monde.


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