Culture et identité

L’importance du 10 mai dans la reconnaissance de notre histoire

La Réunion île du développement durable —5—

Céline Tabou / 10 mai 2011

Parlementaire qui a voté la loi du 10 mai 2001 reconnaissant l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, Paul Vergès appelle à la prise en compte de l’histoire de La Réunion, car « l’esclavage représente la moitié de l’Histoire de La Réunion. C’est un élément fondateur car le peuple réunionnais est la création d’un crime contre l’humanité ».

À l’occasion du Forum des idées sur l’Outremer du Parti Socialiste, Paul Vergès a mis en avant la nécessité de réaliser la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise qui permettra aux Réunionnais de se réapproprier leur histoire et de pouvoir être fier de leur identité et culture réunionnaises. En effet, le 10 mai, Journée nationale du souvenir de l’esclavage, de la traite négrière et de leur abolition est une première étape vers la reconnaissance à travers le monde, de l’esclavage comme crime contre l’humanité. C’est « un événement historique mondial ».

Une culture et identité réunionnaise marquée par l’esclavage

« On a deux dates à fêter, une date générale, le 10 mai et une interne, le 20 décembre ». La Réunion est née d’un crime contre l’humanité, c’est-à-dire l’introduction de l’esclavage comme moyen de peuplement et de développement économique de La Réunion. De plus, « dans la mesure où l’île était inhabitée, notre peuple est issu d’ancêtres qui étaient tous, sans exception, des étrangers, nous sommes tous et toutes des fils et des filles d’immigrés. Aucun autre peuple n’a des origines aussi diversifiées et c’est une chance extraordinaire pour les Réunionnais », a déclaré Paul Vergès.
La dimension historique considérable qu’il y a derrière cette célébration montre que la moitié de l’Histoire de La Réunion est marquée par l’esclavage et après l’abolition de l’esclavage, « la conspiration du silence, surtout ne pas en parler ». La loi Taubira adoptée le 10 mai 2001 est une initiative posant le problème du peuple de France, « comment jugeons-nous cette histoire, comment on a introduit en Afrique, en Amérique Latine, en Asie l’esclavage ? »
C’est le début de la considération de l’aspect, car cette loi a été votée à unanimité par le Sénat et l’Assemblée nationale, ce qui veut dire que les représentants politiques ont considéré que la France avait pendant des siècles commis ce crime contre l’humanité.
« Cette date va au fil année prendre une importance de plus en plus grande, notamment en cette année de l’Outre-mer. Il y a donc pour les Réunionnais, à réfléchir et combattre tous ceux qui veulent continuer la conspiration du silence », notamment ceux qui ont décidé de supprimer la MCUR.

Céline Tabou


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