Culture et identité

La fèt nout zansèt kan maron Dimitil

Dimans 16 désamb, 9ème cérémonie Atidamba

Témoignages.re / 14 décembre 2012

Les associations Miaro, Zangoun Servis, Capitaine Dimitile et Tradition Salegy, en partenariat avec les groupes Miaraka, Kèr Maloya et Fonnkal, vous invitent à la célébration de la cérémonie Atidamba ce dimanche 16 décembre à partir de 9 heures sur le plateau du Dimitile, à l’Entre-Deux. Voici la présentation de cet événement par l’association Miaro, présidée par Honoré Rabesahala.

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Rassemblement à 8 heures au parking du Portail, à l’Entre-Deux. Transports : un car assurera le transport des participants du Nord et de l’Ouest, au départ de l’église de Sainte-Clotilde à 6h30 (via le Djumbo Score au Port). Pour les participants de l’Est, un car partira à 6h30 du Lycée Paul Moreau à Bras-Panon et pour ceux du Sud un car partira à 6h30 de la Croix-Jubilé à Terre Sainte (via l’église de la Ravine Blanche à Saint-Pierre). Tarif : 10 euros l’aller-retour (gratuité pour les adhérents sur présentation de la carte Miaro à jour de cotisation pour l’année 2012).

Pour les automobilistes, itinéraire à partir de l’Entre-Deux : suivre la direction de la Ravine Citron, vers le Dimitile, puis l’Argamasse, passer devant le kiosque, continuer jusqu’au bout de la route bitumée, et prendre la route bétonnée jusqu’au parking du Portail (ne pas prendre le "Chemin de la grande jument", ni le "Sentier du zèbre", suivre panneaux "Le Portail").

La montée jusqu’au plateau se fait à pied, sur les traces des marrons. Elle prend environ 1 heure ½ pour des marcheurs moyens (40 minutes en 4x4). Miaro assurera le transfert en 4x4 des personnes qui le désirent, au tarif de 10 euros l’aller-retour.

Réservation obligatoire pour les transports en car et en 4x4 auprès des contacts suivants :

• Est : Clémentine Igouffe Tél. 0692 50 99 64 - Jean-Michel Oulédi Tél. 0692 90 47 06.

• Nord : Bruno Fruteau Tél. 0692 88 63 84 - E-mail : bruno.fruteau@izi.re

• Ouest : Gisèle Norine Tél. 0692 81 24 41 - E-mail : zanoro@hotmail.f - Jean-Claude Legros Tél. 0692 67 70 12 - E-mail : legros.jean-claude@wanadoo.fr

• Sud : Jean-Bernard Vally Tél. 0692 26 92 57 - E-mail : jean-bernard.vally@hotmail.com - Richard Grondin Tél. 0692 28 97 87.

Chacun pourra amener son lamba et son pique-nique (merci de ne pas apporter de cabri, ni de porc). Des lambas prêts pour la cérémonie pourront être achetés sur place. Prévoir un lainage et un imperméable, le temps étant changeant en altitude.

Un sobatkoz se tiendra sur le site du Dimitile la veille, samedi 15 décembre, à partir de 19h.

Fonnkézèr, slamèr, kontèr, ariv azot.

Atidamba, c’est quoi ?

Atidamba est un mot composé. Atidamba = atitra (apport, remise/manatitra = apporter, remettre à) + lamba (= littéralement : tissu, étoffe), ici le linceul. Il faut comprendre que le Malgache naît, vit et meurt avec le lamba. C’est la nature du lamba qui varie, en fonction des circonstances. C’est en pays Betsileo qu’aujourd’hui le terme Atidamba est le plus usité.

C’est une cérémonie où l’on remet un lamba, linceul symbolique, au camp marron du Dimitile, à l’Entre-Deux, pour honorer les Ancêtres esclaves de La Réunion et les Marrons, combattants de la liberté pour la dignité humaine au moment où l’esclavage réduisait à néant ces valeurs. La remise de ce lamba qui leur a manqué au moment des funérailles répare en quelque sorte la barbarie de ces morts sauvages et « couvre la honte ». Honte de victimes, traitées ignominieusement, honte des bourreaux.

Tourner la page

Pour tourner vraiment la page et envisager l’avenir autrement. C’est une cérémonie de reconnaissance des défunts comme Ancêtres, Razana et la considération de leur valeur comme héritage. Pourquoi ?

Ils n’ont pas reçu les honneurs funèbres qu’ils méritaient et la reconnaissance des descendants qui en font des Razana méritants. Poursuivis et abattus les uns après les autres par les chasseurs les Marrons dans les Hauts escarpés de Bourbon, certains ont préféré parfois se jeter au fond des profondes ravines. Aucune sépulture bâtie visible n’honore leur mémoire. La chaîne générationnelle a été interrompue et la transmission des valeurs n’a pu être faite de manière normale : situation de manque et de souffrance des descendants. Ces hommes et ces femmes, exilés, isolés, jusque dans la mort, violente le plus souvent, avaient par conséquent été totalement coupés de leurs défunts lorsqu’il y avait décès, coupés de l’ancestralité et de la sacralité de ceux et celles qui, parmi leurs disparus, étaient censés devenir ultérieurement des Razana. Doublement castrés. Les descendants peuvent être tourmentés et frustrés de cette « errance » de défunts, qui n’ont pas été solennellement et rituellement ancrés dans l’espace qui leur est réservé. Cette tourmente et cette frustration, source de souffrance mentale et physique gêne l’épanouissement à tous points de vue.

Un acte de réparation

Cela explique le fait que la cérémonie annuelle Atidamba au Camp Marron du Dimitile (dans les Hauts de l’Entre-Deux) revêt une valeur symbolique majeure. On se rend collectivement, en pèlerins, tout au sommet du Dimitile, là où on a érigé une stèle de pierre avec la représentation des chefs Marrons Dimitile le Guetteur, du Roi Laverdure et de la Reine Sarlave.

C’est un acte de réparation rituel qu’accomplit le descendant debout, digne. C’est là le plus important : la présence, la conscience de ceux qui disent que le temps est venu pour la pleine dignité et la réussite. Être debout : mijoro , c’est le message des Ancêtres.

Nous devons tous vivre cette ancestralité afro-malgache, kaf, dans la dignité, l’honneur et la joie. L’objectif est l’épanouissement de chacun.


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