Culture et identité

Le 21 février, on a célébré la Journée internationale des langues maternelles

Date importante pour le créole réunionnais

Georges Gauvin / 22 février 2016

Le thème de la Journée internationale de la langue maternelle en 2016 met l’accent sur l’importance de l’éducation de qualité et de l’apprentissage des langues, en particulier la langue maternelle, dès les premières années d’enseignement.

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Il faut savoir que cela résulte d’une décision de l’UNESCO en 1999 et que la date du 21 février a été retenue parce que ce jour-là, en 1952 des étudiants de Dacca ont été l’objet d’une répression sanglante alors qu’ils réclamaient de faire du bengali la langue nationale du Bengale et que celui-ci était encore intégré au Pakistan - plus tard, suite à une guerre de libération sanglante le pays est devenu indépendant sous le nom de Bangladesh.

La langue maternelle dès les premières années de la scolarisation

Le thème de la Journée internationale de la langue maternelle en 2016 met l’accent sur l’importance de l’éducation de qualité et de l’apprentissage des langues, en particulier la langue maternelle, dès les premières années d’enseignement. Cet aspect revêt une importance particulière pour les minorités, les peuples autochtones et les populations rurales, ainsi que pour les filles et les femmes. Il encourage la qualité de l’enseignement et des résultats scolaires en mettant l’accent sur la compréhension et la créativité plutôt que sur la mémorisation et la répétition.

Le créole réunionnais, langue maternelle de la grande majorité des Réunionnais

Si l’on suit les judicieux conseils de l’UNESCO, les premières années de l’enseignement devraient se faire en créole réunionnais pour la très grande majorité des élèves réunionnais. Car le créole réunionnais est bien la langue maternelle du plus grand nombre d’enfants de notre pays. À moins que l’on me dise que le créole réunionnais n’est pas une langue, mais un patois et que La Réunion n’est pas un pays… Je le dis tout net : cette façon de voir les choses ne correspond pas à la mienne et il est bien regrettable que le créole réunionnais n’ait pas fait une entrée plus massive dans l’éducation de nos enfants depuis de nombreuses années. Combiné à la langue française, comme enseignement bilingue, je suis prêt à parier que nous aurions aujourd’hui un enseignement de meilleure qualité que celui qui est le nôtre à notre époque.

Le créole réunionnais comme langue de notre culture

Il y a un rôle que l’on ne peut nier au créole réunionnais, c’est celui qui est le sien dans le domaine culturel. On peut réduire ce rôle à ce que l’on appelle, un peu avec mépris, la culture populaire et dans ce domaine notre culture est riche : ségas, maloyas, théâtre, contes et légendes, devinettes, proverbes, poésies, nouvelles, etc. On peut quand même regretter que la langue créole réunionnaise ne soit pas plus utilisée encore qu’elle ne l’est dans les différents domaines énumérés ci-dessus. Gageons que si l’école, le collège, les lycées et l’université, les administrations avaient été - au moins bilingues-créole-français - le créole réunionnais aurait été encore plus un facteur déterminant de notre épanouissement culturel-sans compter un moyen d’éradiquer l’illettrisme, de favoriser la recherche, de développer la connaissance. Pour terminer, je dirai que notre langue maternelle est un merveilleux instrument de notre développement culturel mais bien négligé jusqu’aujourd’hui et comme maintenu partiellement en jachères par la volonté des forces de domination depuis le début de notre histoire.

NB On peut signaler que le créole réunionnais tout en étant la langue maternelle de la plus grande majorité de réunionnais n’est pas celle de 100 % des Réunionnais, mais il y a lieu de remarquer que cette langue est l’un des plus puissants facteurs d’intégration des nouveaux venus au sein du peuple réunionnais… Comme elle l’a été tout au long de notre histoire.

Georges Gauvin


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