Culture et identité

Le chantre de la négritude aurait eu 100 ans

Témoignages.re / 28 juin 2013

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Aimé Césaire.

Ce 26 juin verra le centenaire de la naissance de l’écrivain martiniquais Aimé Césaire, chantre de la « négritude », mot qui apparaît pour la première fois dans la revue “L’Étudiant noir” qu’il fonda en 1934 avec entre autres originaires des colonies Léopold Sédar Senghor et Léon Gontran Damas. Les écrits de cet être sensible, né d’un père administrateur gérant d’une plantation (dont le père fut le premier instituteur noir de Martinique) et d’une mère couturière, auront servi le combat contre le colonialisme et le racisme. Rejetant l’assimilation culturelle métropolitaine et l’image caricaturale et méprisante du noir paresseux ou indolent, ils ont eu un impact considérable sur nombre de poètes français — et réunionnais entre autres.

Écrire était sa manière à lui d’affirmer sa négritude. La négritude fut d’abord un mouvement culturel, inspiré notamment de rencontres avec les étrangers noirs qui sont venus en France pour fuir le racisme et la ségrégation. Lui, il y est venu poursuivre ses études au lycée Louis-le-Grand puis à l’Ecole normale supérieure. La poésie et le théâtre sont pour lui des moyens de retour aux sources et une recherche de soi. C’est ainsi qu’il publie en 1939 “Cahier d’un retour au pays natal”, au moment de son retour dans sa Martinique natale. Ce long poème en prose à la fois autobiographie et manifeste plein des mots de sa révolte est influencé par le surréalisme, mouvement auquel il adhèrera en 1941 — année où il fonde la revue “Tropiques”. Après cette pièce maîtresse de son œuvre poétique, il compose “Les armes miraculeuses”, y inscrivant également sa quête identitaire.

Césaire poursuivra longtemps sa dénonciation du racisme et du colonialisme. « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont pas de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir » , affirme-t-il avec force, dénonçant « le carnaval des autres » . Il publie en 1950 “Discours sur le colonialisme”, dans lequel il dénonce les injustices commises à travers la colonisation et communique sa révolte contre la violence de l’armée française en Algérie. Il poursuit avec des essais et des pièces de théâtre, « moyen de sortir de la contradiction et de mettre la poésie à la portée des masses ».

“Moi, laminaire” en 1982 et “La poésie” en 1994 seront ses derniers livres. Le 17 avril 2008, ce grand homme est parti au paradis des poètes, nous laissant orphelins. Puissions-nous ne jamais oublier ce grand homme !

Marc Kichenapanaïdou


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