Culture et identité

Le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage déplore le silence de la presse nationale

Hommage de la République à la contribution des esclaves pour l’universalité des droits

Témoignages.re / 14 mai 2011

Dix ans après l’adoption de la loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, la presse nationale occulte la cérémonie officielle au cours de laquelle le président de la République a dévoilé une stèle rendant hommage aux combats des esclaves des colonies françaises. Le CPMHE réagit dans un communiqué publié mercredi dernier.

Le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage s’étonne du faible retentissement donné dans les médias à la cérémonie officielle qui s’est déroulée dans le Jardin du Luxembourg le mardi 10 mai 2011 pour la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.
Mais doit-il s’en étonner ? Ou ne doit-il pas encore une fois souligner un symptôme dans les médias : celui de continuer à percevoir l’esclavage comme une question "ultramarine", communautaire et liée exclusivement au monde "noir" ?
Il y a dix ans, le Parlement français adoptait à l’unanimité une loi qui a fait date, tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, loi dont la vertu première était de sortir notre pays du long silence sur une part de son histoire et d’encourager la recherche et la diffusion des connaissances dans l’enseignement scolaire.
Dix ans après le vote de cette loi, force est de constater qu’au silence et au déni ont succédé un début de reconnaissance et le désir de comprendre. Sur la proposition du CPMHE, le président de la République a décidé d’inaugurer une stèle portant, pour la première fois, l’hommage de la France aux esclaves des colonies françaises pour leurs combats pour l’universalité des droits et pour la liberté et la dignité.
Alors que la société française montre des signes de maturité, que des cérémonies et des événements ont lieu dans tout le territoire, la presse nationale fait le choix du silence pour célébrer cette Journée nationale et du mépris pour des personnes qui ne les intéressent que dans les caricatures et comme alibi.
Le 10 mai 2011, Nicolas Sarkozy, devant 1.500 personnes venues de toute la France et d’ailleurs pour entendre la parole de la République, a dévoilé une stèle sur laquelle chacun peut lire ce message qui n’intéresse pas les médias parisiens : « Par leurs luttes et leur profond désir de dignité et de liberté, les esclaves des colonies françaises ont contribué à l’universalité des droits humains et à l’idéal de liberté, d’égalité et de fraternité qui fonde notre République. La France leur rend ici hommage ».
« Le racisme, l’antisémitisme, la ségrégation, la discrimination, la marchandisation de l’Homme ont-ils à ce point disparu que notre conscience puisse rester en paix ? Avons-nous assez lutté contre la misère qui dégrade l’Homme et qui le pousse à subir la loi du plus offrant que nous puissions dormir tranquille ? », a interrogé le Président de la République dans un discours où il reconnaît la responsabilité de la France et de l’Occident, la richesse de toutes les civilisations et l’importance de l’anti-esclavagisme dans le combat pour une véritable universalité des droits. La réponse de la presse nationale semble sans appel : elle dort tranquille et avec bonne conscience.


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