Culture et identité

« Le fait colonial continue de jouer un rôle important »

Conférences de Catherine Coquery-Vidrovitch avec la M.C.U.R.

Témoignages.re / 2 février 2010

La Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise (MCUR) invite les Réunionnais à une conférence cette semaine. C’est une conférence de Catherine Coquery-Vidrovitch, professeur émérite à l’Université Paris-7, spécialiste de l’Histoire de l’Afrique. Elle a pour thème : “L’Afrique au cœur des mondialisations dans l’histoire”. Cette conférence ouverte à tout public aura lieu le vendredi 5 février à 18h00 à l’Hôtel de Région à Saint-Denis.

Catherine Coquery-Vidrovitch est une historienne française de haut niveau. Professeure émérite d’Histoire contemporaine de l’Afrique (Université Paris-Diderot), elle a fait paraître de nombreux ouvrages et autres publications, dont les livres "Des victimes oubliées du nazisme" et "L’Afrique noire de 1800 à nos jours".
Dans un ouvrage intitulé "Enjeux politiques de l’histoire coloniale" paru l’an dernier, elle pose la question : « Notre patrimoine historique "national" doit-il inclure l’histoire de la colonisation et de l’esclavage colonial ? La réponse positive, de bon sens, ne fait pas l’unanimité : soit parce que parler sans tabou du domaine colonial serait "faire repentance", soit parce que l’ignorance ou la négligence entretenues depuis plusieurs générations font qu’il ne vient même pas à l’esprit de beaucoup de nos concitoyens que notre culture nationale héritée n’est pas seulement hexagonale. La culture française (que d’aucuns veulent appeler "identité nationale") résulte de tous les héritages mêlés dans un passé complexe et cosmopolite où le fait colonial a joué et continue par ricochet de jouer un rôle important ».
« La crise française sur l’histoire coloniale m’a fait brutalement revenir aux réalités de notre hexagone. C’est pourquoi, forte de l’expérience accumulée tout au long d’une vie professionnelle que j’ai profondément aimée, j’essaie de faire le lien entre l’histoire française et l’histoire du monde », affirme Catherine Coquery-Vidrovitch.
Son livre intitulé "Les Africaines. Histoire des femmes d’Afrique noire du 19ème au 20ème siècle" est analysé par Sophie Dulucq comme une « impressionnante synthèse sur les femmes dans les sociétés africaines contemporaines » et « un livre pionnier dans l’historiographie française ». « Ce qu’il importe de comprendre, c’est le rôle et la fonction (que les femmes) ont joué (dans leur société) comme partenaires et comme partie prenante de la collectivité », affirme l’auteure.
« Avec la colonisation, les conditions de vie des femmes eurent tendance à s’aggraver. Aux conceptions dévalorisantes de bien des sociétés africaines se superposa l’idéologie patriarcale des colonisateurs européens. Les modifications des circuits économiques, l’imposition d’un droit foncier et d’une fiscalité à l’occidentale, la valorisation du travail masculin, les migrations de travail des hommes, la diffusion de la patrilinéarité dans la législation coloniale, l’idéologie missionnaire, tout cela concourait à alourdir le labeur des femmes et à les assujettir aux hommes ».


Autres rendez-vous de la semaine

1) Dans le cadre des conférences des Amis de l’Université, Joël Pélerin, docteur en médecine et photographe d’art, présentera "L’aspect thérapeutique du nu artistique" le mardi 2 février à 18h15 au Centre culturel Lucet Langenier de Saint-Pierre, avec le concours du Service culturel de Saint-Pierre (contact : 0692 77 49 20).

2) Dans le cadre des Rencontres de Bellepierre, conférence le mercredi 3 février, à 18h, au lycée Bellepierre de Saint-Denis, sur le thème : "Combien d’amis ? Communautés virtuelles et cybersociété". Avec Maximin Assoune, libriste militant, Benoît Clay, philosophe et webmestre, Marion Morel, étudiante. Présentation : Mélissa Turpin, étudiante.
Entrée libre, tout public.
Plus d’informations sur le site WWW.LRDB.FR, ou 0692 28 42 45.


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