Culture et identité

Le Louvre s’installe à Lens

Un investissement de 150 millions d’euros dans une région touchée par la crise

Céline Tabou / 5 décembre 2012

Inauguré par le chef de l’État, François Hollande, le 4 décembre, le Musée du Louvre ouvrira ses portes le 12 décembre à Lens. Projet datant de 2003, le Louvre est une occasion pour la région de se développer à travers les expositions mises à disposition du Louvre de Paris.

Dans le cadre de la «  démocratisation culturelle  » lancée par Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture en 2003, le projet de musée voulait rapprocher la culture des habitants. La région Nord-Pas-de-Calais et Picardie est un axe européen important, possède une démographie conséquente et possède des infrastructures routières et ferroviaires ainsi qu’une zone d’influence avec ses nombreux commerces.

Le projet est lancé le 29 novembre 2004 lors de la visite à Lens de Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre. Ce dernier a indiqué qu’ « un pays ne peut oublier ceux qui se sont sacrifiés pour lui. C’est une décision de mémoire et d’avenir ». A La Réunion, de nombreux projets culturels avaient été mis en place afin de permettre aux Réunionnais de connaître leur Histoire et leur culture. La Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR) entrait dans cette dynamique culturelle et donnait une occasion de faire rayonner la société réunionnaise sur les plans international, national, régional et à La Réunion.

Rapprocher les habitants de la culture

Pour l’inauguration, le Louvre sortit ses belles toiles comme "La Liberté guidant le peuple" de Delacroix, "La Madeleine à la veilleuse" de Georges de La Tour, qui seront exposées pendant un an à Lens. Plus de 200 œuvres, balayant la période de -3500 avant Jésus-Christ jusqu’au XIXème siècle, venues du musée parisien y seront exposées. D’ailleurs, la "Sainte Anne" de Léonard de Vinci a également fait le voyage. Dans un espace de 28.000 mètres carrés de verre et d’acier poli, les sculptures et tableaux s’étirent le long d’une grande galerie, baptisée "Galerie du temps", qui retrace l’histoire culturelle depuis l’Antiquité jusqu’en 1850. Une autre galerie de 7.000 mètres carrés est, elle, consacrée à des expositions temporaires, a indiqué l’“Agence France Presse”.

Principaux centres urbains du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, Lens accueillera un édifice d’une renommée mondiale qui lui permettra de redorer son blason et de développer son économie touristique et culturelle, avec la Maison syndicale des mineurs, le Monument aux morts de la compagnie des mines de Lens, ou encore le Monument aux morts de la Première Guerre mondiale. «  Le musée doit aujourd’hui non seulement recevoir les visiteurs qui y viennent naturellement, mais aussi prendre par la main de ceux qui, éloignés des pratiques culturelles, le perçoivent comme lointain et inaccessible  », a affirmé Henri Loyrette, président-directeur du Musée du Louvre.

Un défi économique

L’unique coût de la construction s’est élevé à 150 millions d’euros, bien plus que les 67 millions prévus pour la construction et le fonctionnement de la MCUR. Malgré un coût élevé, supporté en grande partie par la Région Nord-Pas-de-Calais à 60%, contre 10% pour le Département, 10% pour la Communauté d’agglomérations de Lens-Liévin et la Ville de Lens et 20% pour le Fonds européen de développement régional (FEDER), les investisseurs devraient voir leur part amortie avec le développement touristique porté par la renommée internationale du Louvre.

L’objectif est de près de 500.000 visiteurs français et étrangers par an. Pour Daniel Percheron, président de Région, et Guy Delcourt, député-maire de Lens, « le Louvre-Lens peut révolutionner le bassin minier et consolider son avenir, à l’instar de Bilbao et son musée Guggenheim. Ou Metz et son Beaubourg. Avec 750.000 visiteurs attendus la première année, et 500.000 en vitesse de croisière, il aidera à la renaissance de l’image et de l’économie de la ville » , a cité le site Rue89.

Céline Tabou

La MCUR : activité économique porteuse

La construction de l’édifice aura coûté 150 millions, soit environ 2 fois le montant pour la MCUR. À la différence du projet réunionnais, le Louvre n’aura pas connu d’opposition pour un projet culturel destiné à la population et à relancer l’activité économique de la région. A La Réunion, les anti-MCUR, sous prétexte du coût, auront mené durant des années une campagne contre ce projet réunionnais visant à mettre en avant la culture réunionnaise et son Histoire. L’argument de la culture accessible à tous n’a pas eu d’écho à La Réunion, mais à Lens, où le Louvre offrira de nombreuses expositions sur l’Histoire de France et de la région. 

De plus, la culture se révèle être une activité économique pouvant redynamiser une région comme le Nord-Pas-De-Calais, aussi touchée par le chômage que à La Réunion. La culture est donc un moyen de donner de nouvelles perspectives aux habitants ainsi qu’un espoir et de l’activité, notamment touristique avec la venue de 500.000 visiteurs par an en moyenne.


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