Culture et identité

« Le maloya est un art engagé, une revendication »

Jean-Mathieu Taristas

Céline Tabou / 6 juillet 2010

Auteur d’une biographie de Firmin Viry, édité par Tahina Production/Edition, Jean-Mathieu Taristas nous explique les raisons de son choix pour ce ”Zarbourtan nout kiltir” et se félicite de l’hommage rendu par le ministre de la Culture au maloya lors de la Fête de la musique à Paris.

Pour quelle raison avez-vous décidé d’écrire un livre sur Firmin Viry ?

— Parce que sa vie est hors du commun, il a combattu pour les descendants des esclaves, et des engagés indiens, mais aussi pour la valorisation du maloya. Le maloya a été interdit à La Réunion avant 1980 parce qu’il avait un côté revendicatif militant. Firmin Viry a, entre 1959 et 1976, pratiqué le maloya en misouk. De même, il a vu certains de ses musiciens être arrêtés par la police, et placés en garde-à-vue.
Et malgré la répression, il a continué à pratiquer le maloya. A cette époque, la Droite était au pouvoir et interdisait le maloya. C’est en 1973 que le Parti Communiste Réunionnais a aidé Firmin Viry à faire reconnaitre le cette musique. Le PCR s’est investi dans cette lutte pour le maloya et a soutenu Firmin Viry.
Firmin Viry est surtout connu pour son engagement en faveur du maloya, mais aussi pour ses succès musicaux. Tout ce qui entoure ce personnage méritait un ouvrage en son honneur. D’autant plus qu’il était également engagé envers les Cafres et les Malbars, il œuvrait pour l’égalité. Comme il l’a dit, l’esclavage est peut-être fini, mais il reste toujours pareil dans son contenu.

Que pensez-vous de l’hommage fait au maloya par le ministre de la Culture lors de la Fête de la musique le 21 juin dernier ?

— C’est très bien, parce que la France reconnait enfin le maloya qui a été dévalorisé. Mais il existe beaucoup d’individus à La Réunion qui étaient contre l’inscription du maloya comme Patrimoine mondial de l’UNESCO. Des artistes de séga de type européen étaient contre cette idée, parce que le séga était surtout considéré pour les Blancs, et le maloya pour les Noirs. Il s’agit là d’une belle reconnaissance.

Quelles sont les perspectives du maloya, selon vous ?

— Je pense que le maloya va continuer à évoluer. Le maloya de Firmin Viry avait du sens, et ce maloya revient sur la scène. Parce qu’il s’était perdu, le maloya est un art engagé, une revendication, et non une simple musique. Le maloya a permis l’évolution de la “race” noire à La Réunion.
J’ai travaillé avec Firmin Viry pour un rap-maloya intitulé "Code Noir". Le clip, disponible sur Youtube, revient sur l’Histoire de La Réunion, et rend hommage à l’homme qui est, selon moi, le "sauveur du maloya".

Propos recueillis par Céline Tabou


Servis zansèt la kaz madame Baba

Samdi 24 zilyé 2010, 1 shomin bann “Colons”, Bois de Nèfles Coco Saint-Louis, madame Baba i invit azot po son kabaré zansèt. I komans ti fénoir ziska granmatin.
Ariv azot par bonpé pou kraz kabaré dan lo respé bann zansèt.

Service des ancêtres chez Madame Baba

Le samedi 24 juillet 2010, 1 chemin des “Colons”, à Bois de Nèfles Coco, Saint-Louis, Madame Baba a l’honneur de vous inviter au service qu’elle rend à ses ancêtres. La cérémonie débutera vers 18h pour se terminer à l’aube.
Venez nombreux y participer.

Vien woir sa
Kabaré lé zoli dann fon-la…


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