Culture et identité

Le nom d’Aimé Césaire inscrit dans le Panthéon

Hommage au rapporteur de la loi du 19 mars 1946

Témoignages.re / 6 avril 2011

C’est aujourd’hui qu’une plaque commémorative doit être dévoilée par les autorités au Panthéon, le temple de la République. Cette plaque symbolise un hommage national rendu à Aimé Césaire trois ans après sa mort. Aimé Césaire a été un de ceux qui, aux côtés de Raymond Vergès et Léon de Lépervanche, ont fait adopter à l’unanimité l’abolition du statut colonial à La Réunion, à la Martinique, en Guyane et en Martinique avec la loi du 19 mars 1946.
Journaliste et auteur réunionnais, Patrick Singaïny a dirigé un ouvrage présenté lors d’une conférence de presse au Salon du Liivre de Paris le 18 mars dernier. Il signe une déclaration du 6 avril 2011 rédigée à l’occasion de la commémoration nationale d’aujourd’hui. Avec ce document, Patrick Singaïny joint une contribution d’Edgard Morin publiée dans l’ouvrage, et une de Françoise Vergès, présidente du Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, rencontrée au Salon du Livre.

Déclaration du 6 avril 2011
En mémoire du Grand Martiniquais

Aimé Césaire (1913-2008) est ce député martiniquais chargé par son peuple de l’extirper du régime inique du gouvernorat en instaurant l’égalité citoyenne.
Qui a été le rapporteur de la loi de l’assimilation de 1946.
Qui a transformé ce terme fermé « assimilation » en un mot ouvert : « départementalisation ». Un néologisme qui a permis de concevoir cette loi comme pouvant donner lieu, plus tard, à une autre voie possible de développement.
C’est ainsi qu’en 2012, la Martinique et la Guyane accèderont à la collectivité territoriale unique. C’est-à-dire à la différence. Cela, dans un cadre français et européen.

Aimé Césaire est cet intellectuel martiniquais qui a été le premier à mettre en équation dans nos jeunes sociétés issues de l’esclavage français, d’une part, la nécessaire reconnaissance multilatérale de l’apport des différents legs des ressortissants du peuplement historique et, d’autre part, le processus de créolisation comme lieu d’enracinement pour tous ceux qui y vivent.

Aimé Césaire est cet immense poète et écrivain du XXème siècle qui, dès 1939, par son verbe parturiant, a su éveiller nos consciences pour nous montrer la voie d’une quête de soi, à la fois ferme et sereine, malgré le poids écrasant de l’Histoire et les vertigineux mouvements de nos jeunes sociétés qui ne cessent de se créoliser.

Ces trois Aimé Césaire s’entremêlent dans le livre intitulé “Aimé Césaire pour toujours” que j’ai eu l’honneur de diriger. Neuf textes permettent, notamment aux nouvelles générations, d’aborder l’œuvre et la tâche que s’est assignée le grand homme dont la Nation honore la mémoire en ce jour du 6 avril 2011. En rentrant au Panthéon, Aimé Césaire trouve sa place aux côtés de ses aînés glorieux et prestigieux : Toussaint Louverture et Louis Delgrès. Cet événement rare est un hommage appuyé de la Nation, puisque le chef de l’État, Nicolas Sarkozy, s’était déjà employé à offrir des funérailles nationales au grand homme. C’était il y a près de 3 ans, quelques jours après le décès du démiurge survenu le 17 avril 2008 à Fort-de-France ».

Patrick Singaïny

Né en 1969 à Saint-Pierre de l’Ile de La Réunion, Patrick Singaïny est journaliste et artiste contemporain réunionnais. Il a notamment collaboré à "Antilla", le grand hebdomadaire économique et politique martiniquais.


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