Culture et identité

Le Port "Commune bilingue"

Valoriser la langue maternelle

Jean Fabrice Nativel / 21 octobre 2009

Le Port sera-t-elle une "Commune bilingue" ? Réponse demain, jour où le Conseil municipal se réunit pour notamment donner son avis, d’une part, sur les termes de la Charte "Commune bilingue" et, d’autre part, autoriser le maire ou tout adjoint délégué à signer la Charte "Commune bilingue". Cette possible adhésion au document a fait se réunir Jean-Yves Langenier (maire du Port) et Axel Gauvin (président de Lofis la lang kréol La Rényon) pour en donner des explications, hier en fin de matinée à l’Hôtel de ville.

Une telle décision, en l’occurrence l’adhésion à cette charte, officialise(ra) l’usage du créole partou é toultan dans de nombreux actes et services de la ville du Port. Par exemple l’accueil des administrés(es)… en créole. Une manière concrète de promouvoir, reconnaître, en un mot, valoriser cette langue — et non « un sympathique patois » comme le disait un sot —, affirme Jean-Yves Langenier.

Cette charte, un doc de Lofis la lang kréol La Rényon

Selon lui, « la langue est le socle de la culture », « un élément majeur » de la société réunionnaise. « Faire vivre la langue de La Réunion » tous les jours a motivé l’adhésion à ce document réalisé par Lofis la lang kréol La Rényon. Même s’il est d’inspiration bretonne. Mais point de breton dans la présente ?

D’après Axel Gauvin, cette charte « mèt an lèr la lang créol dans le cadre du bilinguisme créole/français ». C’est pour cela que toutes les communes peuvent solliciter Lofis. Cependant, il est demandé de souscrire à 10 critères sur les 20 exigés. Le Port en compte 12, d’où cette initiative d’en faire une "Commune bilingue".

« La langue est le socle de la culture »

Le Port, dans ces différentes communications, affiche le créole : "Eksposition pintir", "Tèk, tèk, mon romans lé dann médiatèk", "Konpliman pou 120 an lo Por", "Alé di partoué", "Piédboi la vi, Karoussel la vi"... Nou arèt tèr là la list, tèlman nana ankor… Elles sont autant d’atouts qui ont été pris en considération par Lofis.
Pour que la langue créole soit vivante au sein de cet Hôtel de ville, c’est Lofis « qui mettra en œuvre son savoir-faire pour accompagner les services de la ville dans leur travail de formulation, de traduction et de graphie du créole réunionnais ». À la population seront communiqués les bienfaits d’une pareille entreprise. Pour se faire, les associations vont être sollicitées.

Le créole parlé au sein des services de la ville

Outre Le Port, la ville de l’Entre-Deux s’est portée candidate à cette charte. Avec les autres communes, le contact est établi. Au fait, la signer ne signifie aucunement opposer le créole au français. Bien au contraire, il s’agit de se sentir fier de notre créole — méprisé — et bien entendu du français, comme du maloya inscrit récemment au Patrimoine mondial de l’humanité.
Avec cette initiative, Le Port « est à la pointe, une tête de proue dans la reconnaissance du créole », conclut Axel Gauvin. Réponse demain.

Texte et photo Jean-Fabrice Nativel


Parler créole, c’est important
« Lors d’un sondage IPSOS effectué en 2007, 83% des personnes habitants notre île ont déclaré qu’il est important que notre créole continue d’être parlé. La Ville du Port a toujours pris en compte cet attachement profond que les Réunionnais ont pour leur langue, plus généralement pour leur culture, pour leur manière de vivre en terre réunionnaise ».


12 critères sur 20

Sur les 20 critères demandés pour l’adhésion à la Charte "Commune bilingue", 10 suffisent. Le Port en compte 12, les voici :
• Accueil du public possible dans les services municipaux en créole réunionnais et en français,
• Possibilité de communiquer oralement en réunionnais et en français lors des Conseils municipaux,
• Utilisation des deux langues par les élus dans la communication orale publique,
• Possibilité d’avoir une cérémonie de mariage bilingue,
• Introduction d’un volume significatif de langue créole de La Réunion dans le site Internet de la mairie (en cours),
• Cartons d’invitation bilingues pour les manifestations culturelles organisées par la mairie,
• Papier à en-tête bilingue,
• Logo de la mairie bilingue,
• Éditorial bilingue dans le magazine municipal,
• Affichage évènementiel bilingue,
• Aide financière et/ou technique à l’installation ou au développement d’une filière bilingue dans la commune,
• Valorisation de la création réunionnaise, en particulier en langue créole de La Réunion, dans les médiathèques et bibliothèques dépendant de la mairie.


In modèl de charte

Zordi (date)
Le mèr (nom la vil), (nom le mèr), i déklar son komine konm in
komine i rèspèkt toute bann lang,
An premié
Le 2 prinsipal lang La Réunion :
le rényoné èk le fransé.

Aujourd’hui (date)
Le maire de (nom de la ville), nom du maire, déclare que sa commune est
une commune respectueuse des langues
En particulier
Des deux principales de La Réunion :
Le réunionnais et le français

Nom le Mèr
Signatir le Mèr

Tandonné dann la komine X
Na le droi prononse bann maryaz en biling
Le logo la méri lé an rényoné

X, Prézidan(t) Lofis la Lnag Kréol La Rényon, i déklar :
La komine (nom la vil) i mérite le sèrtifika
Komine i rèspèkt nout 2 lang :
le rényoné èk le fransé

Etant donné que dans la ville de/du (nom de la ville)
Le mariage bilingue est possible
Le logo de la Mairie en réunionnais

X, Président(e) de l’Office de la Langue Créole de La Réunion, déclare
Que la commune (nom de la ville) mérite le certificat de
Commune respectueuse du bilinguisme réunionnais-français

Nom le Prézidan(t),
Signatir le Prézidant(t) Lofis la Lang Kréol La Rényon


Un amoureux de langue créole

Participait à cette rencontre Patrice Treuthardt dont son sait son amour pour le créole. Lu kont, lu koz… en créole. Kan ou rankont a li, prépar in bon kar dèr pou diskuté. Sirtou na gayar zafèr pou di. Mé sa nou di pa zot !


Kanalreunion.com