Culture et identité

Le succès made in Réunion maloya

“Une île, un monde” à la Cité de la Musique

Témoignages.re / 6 mai 2010

Les Tambours sacrés, Urbain Philéas et la famille Lélé, Gramoun Sello et René Lacaille ont mis l’ambiance pour la première fois à la Cité de la Musique (Paris la Villette) les 24 et 25 avril derniers. Une expérience qui ouvre des perspectives aux artistes.

Le maloya a séduit le public à la Cité de la Musique de Paris. « Un auditorium de 800 places, presque plein. Un véritable succès », affirme Alain Courbis, directeur du Pôle Régional des Musiques Actuelles (PRMA). Dans le public, des Réunionnais qui avaient « soif de retrouver leur culture » mais aussi des « consommateurs culturels intéressés ».
Pouvait-on douter de ce succès ? Il est vrai que depuis sa création, il y a quinze ans, la Cité de la Musique, lieu de référence de la vie musicale en France, n’avait jamais consacré un événement spécifique à La Réunion. Les 24 et 25 avril derniers, la programmation “Une île, un monde : Réunion et Mayotte” a réparé cet oubli. Le projet est né il y a deux ans, lorsqu’Alain Weber, programmateur des musiques du monde à la Cité de la Musique, avait découvert les musiques locales à l’invitation du PRMA.
Conforté par le classement du maloya au Patrimoine immatériel de l’Unesco, l’événement a enfin eu lieu le mois dernier, réunissant pour l’occasion Les Tambours sacrés, Urbain Philéas et la famille Lélé, Gramoun Sello et René Lacaille. Le spectacle Réunion maloya, composé de ces artistes à l’exception de René Lacaille, avait déjà fait salle comble le 20 avril, en avant-première au Théâtre de Champ-Fleuri.

Pour Gramoun Sello, qui fête ses 30 ans de maloyèr ce mois-ci, l’expérience est inédite et il espère surtout que l’événement apportera un nouveau souffle pour la jeune génération. A l’image d’Urbain Philéas et la famille Lélé, également du voyage. Depuis qu’ils sont revenus, Urbain et la famille Lélé ont trouvé un manager, se sont faits remarquer et ont noué des contacts, promesse d’ouverture à d’autres scènes de l’Hexagone et même d’Europe. Pour eux, peut-être un festival en Autriche au mois de juillet.

Pour Philippe M’Roimana des Tambours sacrées, « le côté extraordinaire, ce sont les perspectives d’avenir, très encourageantes avec de nouvelles invitations sur le court et moyen terme pour les artistes présents, mais aussi pour les artistes réunionnais en général ». D’ailleurs, une invitation se profile pour le Festival des Musiques sacrées du Fès.

Pour Firmin Viry, qui finalement n’avait pas pu participer à la programmation, un nouveau projet devrait voir le jour avec la Cité de la Musique. Plus concret, en avril 2011, le Festival des 38èmes rugissants à Grenoble veut organiser une soirée créole, façon bal créole, avec maloya et séga.

Le concert est en ligne sur le site de la Cité de la Musique et est diffusé sur France musique dans l’émission “Couleurs du monde” mercredi 12 mai pour La Réunion.

Cette opération a pu être réalisée grâce à un partenariat exceptionnel du PRMA, des Théâtres Départementaux, du Département, de la Région et de la DRAC.

EP


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