Culture et identité

Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise : un projet phare pour La Réunion, la France et le monde

Comité de soutien à la MCUR

Céline Tabou / 26 mars 2010

L’hôtel Saint Denis a accueilli, jeudi 25 mars, la conférence de presse de l’équipe scientifique de la MCUR, Françoise Vergès, Éric Alendroit, et Carpanin Marimoutou. Ces derniers étaient soutenus par Axel Gauvin, membre de Mèt ansanm pour la MCUR, et Reynolds Michel. Cette conférence survient après les propos de Didier Robert, de détruire le projet de la MCUR, lors de son mandat. Cette décision jette un froid auprès de l’équipe scientifique, des donateurs, des enseignants formés par la MCUR, et les étudiants engagés dans ce centre culturel.

La MCUR est un « lieu unique, où il est possible de connaître ses racines, quelles soient africaine, asiatique, européennes ou océanique », a expliqué Axel Gauvin. Selon lui, le but est d’analyser « la symbiose qui existe à La Réunion, pour que le public puisse connaître ses origines ». L’artiste Nathalie Natiembé a ajouté que la fin de ce projet serait vécue comme « une rupture amoureuse ». Le bien fondé de la MCUR n’est pas l’oeuvre d’un homme, mais d’une génération d’hommes et de femmes, qui souhaitent exposer aux Réunionnais, à la France, mais aussi au monde, « la richesse culturelle, et le génie réunionnais ».

« L’émotion et l’inquiétude »

Dans un dossier communiqué aux journalistes présents lors de la conférence de presse, Françoise Vergès, Carpanin Marimoutou, et Éric Alendroit ont souhaité s’exprimer sur le discours de victoire de Didier Robert, qui compte mettre un coup d’arrêt au projet MCUR. Ils ont expliqué que l’arrêt définitif de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise mettrait en péril le travail et la formation des jeunes Réunionnais, la construction du centre culturel « où la recherche, la créativité, la rencontre, l’échange, et le vivre ensemble se développent ».
Mais aussi les donations, après les propos de Didier Robert, le soir des résultats, des donateurs ont souhaité reprendre leurs collections, car ils avaient la garantie du précédent président de Région, de la création de la MCUR. L’équipe de la MCUR a également indiqué les retombées du chantier pour le BTP, et la dynamique de réalisation.

Le prétexte du coût

La « MCUR n’est pas un luxe » a expliqué Emmanuel Miguet, mais « un investissement ». Il a expliqué que l’économie ne pouvait se séparer de la réalité humaine, et de la culture". François Vergès a également ajouté que ce « faux prétexte du coût » de la MCUR cache des choses plus profondes. Notamment, le rejet par une partie de la population qui ne conçoit pas que le colonialisme ait existé à La Réunion.
La MCUR coûte 87 millions d’euros, dont 23 millions d’euros viennent des crédits accordés par l’États et l’Europe. Carpanin Marimoutou a souhaité préciser que les attaques faites à l’encontre des salariés de la MCUR sont « hors de propos », car demander aux salariés de rembourser les paies des six dernières années est « invraisemblable ». « Tout le monde sait que le budget de la Région est surveillé, et que les fiches de salaires sont les plus réglementées » a ajouté Éric Alendroit, « il est inadmissible, que l’on soit traité ainsi ».

Un « centre culturel » ouvert à tous

Françoise Vergès a tenu à rappeler que la MCUR est un « centre culturel », qui est composé d’une équipe scientifique rigoureuse, et expérimentée. Celle-ci a « travaillé durant six ans, à la recherche d’oeuvres, d’objets, et de textes relatant de l’histoire et de la culture de La Réunion ». « Nous avons fait appel à des spécialistes » dont l’anthropologue Jean Jamin, ou l’historien Gilles Gauvin, a indiqué Françoise Vergès.
Éric Alendroit a expliqué que les partenariats mis en place avec les 100 classes, et les centaines d’enseignants formés qui demandent encore aujourd’hui d’alimenter le programme de la MCUR, sur l’Inde, la Chine, l’Afrique. « Il existe un besoin » que la MCUR est parvenue à combler partiellement. La « MCUR est un centre d’échange et de pédagogie destiné au public » a précisé Éric Alendroit.
La MCUR est une maison des cultures et des civilisations qui ont créé l’île de La Réunion, c’est le premier musée au monde à traiter globalement des cultures d’un peuple. La MCUR « est porteuse pas seulement pour La Réunion et pour la France, mais aussi peut être pour le monde » a déclaré Martine Aubry, première secrétaire du PS, le 1er février 2010.
La MCUR est soutenue par des hauts dirigeants politiques, dont le président de la République Nicolas Sarkozy, et le Premier ministre François Fillon, qui a qualifié la MCUR de « symbole du dynamisme réunionnais ». Ainsi que des personnalités comme Lilian Thuram, Maryse Condé, Sudel Fuma, Isaac Julien, Vijaya Rao, Julien Blaine, entre autres. La MCUR est au coeur de la culture, et de la richesse intellectuelle réunionnaise, c’est un musée destiné à « refaire vivre nos ancêtres », et les « gens pauvres de La Réunion » qui ont un savoir, un savoir-faire, et une parole qui méritent d’être dans un musée.

Céline Tabou


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