Culture et identité

Maloya : une part du Patrimoine de l’humanité

4e anniversaire de son inscription par l’UNESCO

Manuel Marchal / 1er octobre 2013

Cela fait 4 ans jour pour jour que l’UNESCO a inscrit le maloya dans le Patrimoine de l’humanité. L’équipe de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise avait alors donné la dernière impulsion à des dizaines d’années de luttes pour la reconnaissance de cette part de l’identité réunionnaise.

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«  Autrefois dédié au culte des ancêtres dans un cadre rituel, le Maloya est devenu peu à peu un chant de complaintes et de revendication pour les esclaves et, depuis une trentaine d’années, une musique représentative de l’identité réunionnaise. Toutes les manifestations culturelles, politiques et sociales sur l’île sont accompagnées par le Maloya, transformé de ce fait en vecteur de revendications politiques. Aujourd’hui, il doit sa vitalité à quelque 300 groupes recensés dont certains artistes mondialement connus, et à un enseignement musical spécialisé au Conservatoire de La Réunion. Facteur d’identité nationale, illustration des processus de métissages culturels, porteur de valeurs et modèle d’intégration, le Maloya est fragilisé par les mutations sociologiques ainsi que par la disparition de ses grandes figures et du culte aux ancêtres » . Ces quelques mots décrivent le maloya vu par l’UNESCO.

La victoire sur la répression

À la pire époque de la répression, le maloya a failli disparaître. Il était combattu par le pouvoir et ses complices. Il était interdit de radio et réduit à la clandestinité.

Pour sauver le maloya, il a fallu l’engagement des communistes réunionnais. Fut un temps où si l’on entendait le son du roulèr, c’est que des militants du PCR n’était pas loin. Il fallait aller dans les Fêtes de "Témoignages" pour voir des groupes de maloya. À partir de 1971, le maloya commença à retrouver la lumière dans les municipalités à direction progressiste. Et en 1976, le maloya est à la tribune du 4e Congrès du Parti communiste réunionnais. Le PCR produit alors les deux premiers disques de maloya. C’est le point de départ d’un mouvement irréversible qui passera par la reconnaissance officielle du 20 décembre par le pouvoir parisien.

La reconnaissance du monde

En 2009, une autre étape est franchie. L’équipe de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise défend la candidature du maloya au Patrimoine de l’humanité. Le 1er octobre 2009, l’UNESCO décide de l’inscrire. Le maloya est plus qu’une part de l’identité culturelle du peuple réunionnais, il est officiellement depuis 4 ans une composante de ce qui fait l’humanité. C’est la reconnaissance du monde de la justesse d’un combat.

Mais cette grande victoire n’aurait pas été possible sans des militants culturels tels que Dédé Lansor. Ils ont lutté pour maintenir la flamme du maloya. Et grâce à cet engagement sans faille, les jeunes peuvent aujourd’hui entendre le maloya partout et reprendre le flambeau. Car plus personne ne peut plus désormais remettre en cause l’existence du maloya.

M.M.


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