Culture et identité

Nikola Medea sur le toit du monde

Championnat de Hip-Hop

Témoignages.re / 12 août 2009

À 26 ans, Nikola Medea est devenu champion du monde de hip-hop avec son groupe RAF le dimanche 2 août dernier. Pour ce jeune homme originaire de Sainte-Marie, c’est tout simplement le point d’orgue d’une formidable aventure qui a commencé sur le sol du Théâtre de Champ-Fleuri, à Saint-Denis.

C’est en 1998 que Nikola se découvre une passion pour la danse hip-hop. « Je regardais un de mes amis danser et j’ai trouvé ce style magnifique. Je me suis alors dis que c’est ce que je voulais faire », raconte-t-il. Dès lors, il se consacre à la danse. Pendant la période scolaire, il va s’entraîner chaque soir jusqu’à 22 heures. Pendant les vacances, il s’entraîne toute la journée.

Puis, avec d’autres danseurs, il fonde un groupe en 1999, "Warning". Ce groupe participera à toutes les compétitions de hip-hop (battle) de La Réunion, notamment le battle de Saint-Leu qui réunissait toutes les équipes de l’île. Ses amis et lui remporteront tout pendant 3 ans. Alors qu’il est au sommet de son talent à La Réunion, il décide de s’exiler en France. « Je voulais progresser dans la danse et le seul moyen c’était de partir », explique-t-il.

Le Bac en poche, Nikola Medea s’envole donc pour Paris pour rejoindre le Centre international de danse – jazz, plus communément connu sous le nom d’école de Rickodums. Il y pratique de la danse classique et de la danse moderne. Puis le soir, il prend des cours de hip-hop. En parallèle, ce dernier décroche en 2004 son premier contrat de danseur. Il enchaîne les concerts et les plateaux télévisés en même temps qu’il suit ses cours. Mais en 2006, il décide d’arrêter l’école. « J’ai dû faire un choix et j’ai choisi le monde professionnel », explique-t-il. Il continue sa carrière de danseur, notamment pour M. Pokora, Willy Denzey ou encore Lynsha. Le jeune danseur reconnaît que cette école lui a beaucoup servi pour découvrir son corps.

Puis, au début de l’année 2009, il rejoint la compagnie Pietragalla qui produit le spectacle "Marco Polo". Il rejoint la troupe pour une reprise de rôle. La même année, il intègre le groupe RAF (roots and feelings) dont les membres sont tous des amis proches. Les 6 membres du “crew” décident de participer aux sélections pour le Championnat du monde de hip-hop, une première en France. Après une pré-sélection réussie à Marseille, RAF décroche son billet pour Las Vegas lors des finales à Paris.

Dès lors, le rêve américain commence. « Nous nous entraînions plus de 8 heures par jour. Si on ajoute à cela mes répétitions avec la compagnie Pietragalla, j’avais des journées très chargées », reconnaît-il. Un entraînement intensif qui a payé puisque ce soir du dimanche 2 août, ce sont les RAF qui remportent la finale du Championnat du monde de hip-hop, devant le Mexique et Singapour. « Nous étions comme des fous. Nous sautions partout. C’était vraiment magique », s’exclame-t-il.

Pourtant, à leur arrivée aux États-Unis, ils n’étaient pas si optimistes. « Nous avions peur », avoue Nikola Medea. Et pour cause, « le style de danse hip-hop français est différent du style américain », avoue-t-il. « En France, nous avons une culture de la danse. Il faut savoir danser et enchaîner les free styles. Ce n’est pas le cas aux USA où ils ont de très bonnes chorégraphies de groupe, mais ne savent pas danser individuellement », indique le champion du monde de hip-hop. Et la force des RAF, c’est qu’ils ont su allier ces deux qualités. De très bons danseurs individuels qui ont su créer une chorégraphie de groupe de très bon niveau. Conséquence, la France a remporté le Championnat du monde de hip-hop dès sa première participation. Et avec les félicitations du jury ! « Deux membres du jury, des Canadiens, sont venus nous remercier pour le spectacle que nous avons offert », se souvient le hip-hopeur.

Aujourd’hui de retour à Paris, Nikola Medea profite de son repos bien mérité. Il réfléchit également à son avenir. « C’est sûr qu’après ce titre, il y aura des retombées », souligne-t-il. « Mais aujourd’hui, l’heure est au repos ». Parmi ses projets, l’un d’eux serait de faire venir son groupe à La Réunion pour une soirée de démonstration. Quand ? « Cette année, ce serait magnifique », espère-t-il. Mais avant cela, il doit prendre des contacts sur l’île. Une île où le danseur voudrait un jour exercer. « Il y a du bon niveau à La Réunion, mais les jeunes manquent de persévérance pour y arriver. Devenir un excellent danseur, ça s’apprend et j’aimerais bien l’inculquer aux nouvelles générations. Regardez-moi. Je sors d’une petite ville de La Réunion et maintenant je suis champion du monde de hip-hop. C’est 11 ans de travail », conclut-il.

Texte Imaz Press Réunion


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