Culture et identité

« Nou lé kapab majine, kalkil, viv an Rényoné »

Parution du "Manifeste pour une pensée créole réunionnaise"

Témoignages.re / 19 novembre 2011

Hier matin, dans le cadre de la célébration réunionnaise de l’édition 2011 de la Journée Mondiale de la Philosophie sous l’égide de l’UNESCO, le Cercle Philosophique Réunionnais a tenu une conférence de presse à l’Espace de la Vie Étudiante à l’Université de La Réunion pour présenter annoncer la sortie du livre "Manifeste pour une pensée créole réunionnaise". Un essai publié par cette association sous la direction de sa présidente, Aude-Emmanuelle Hoareau, qui paraîtra en librairie lundi prochain (12 euros), distribué par Océan Éditions. L’ouvrage peut être téléchargé dès à présent sur le site Numilog en version ebook pour 6 euros.

« Nou lé kapab majine, kalkil, viv an Rényoné ». Tel est le sous-titre du "Manifeste pour une pensée créole réunionnaise", qui est un ouvrage collectif. Les contributeurs sont : Ketty Lisador (artiste-conteuse), Laurent Médéa (sociologue), Brigitte Croisier (agrégée de philosophie et sociologue), Émeline Vidot (doctorante en littérature), Emmanuel Cazanove (ancien journaliste), Juanito Ligdamis (infographiste) et Aude-Emmanuelle Hoareau (docteure en philosophie et enseignante en esthétique).
Comme l’indique la quatrième page de couverture « "Le Manifeste pour une pensée créole réunionnaise" invite à combiner plusieurs voix par la force d’un seul cœur, pour faire émerger une pensée spécifique, aux atouts multiples. Il vise à valoriser et continuer d’enrichir la pensée créole réunionnaise.
À travers ce manifeste, auquel ont contribué des intellectuels mais aussi des acteurs de la vie culturelle "péi", il est question de l’être réunionnais, de sa présence au monde, de sa relation à l’autre, de sa quête sans fin d’une vérité multiple. Il s’agit aussi de poser des problèmes concrets comme ceux de la pertinence de notre système éducatif, du chômage qui nous prive d’une assise existentielle solide, de la situation de notre société postcoloniale pour laquelle l’acte de penser s’impose, plus que jamais, comme une urgence.
Ce que l’on appelle la mondialisation semble précipiter l’homme d’aujourd’hui dans la course sans fin d’un quotidien fade et d’un consumérisme privé de sens.
En parallèle, un autre phénomène se produit : une volonté de résistance à l’uniformisation du monde, par la pensée et la culture. Cette résistance pacifique et créative, le peuple réunionnais la cultive de plus en plus par son interculturalité.
Ce parcours populaire unique au monde doit être poursuivi afin de favoriser l’épanouissement de chaque Réunionnaise et Réunionnais. Le Manifeste propose ainsi des voies à suivre pour atteindre cet objectif. Il vise aussi à ouvrir des pistes de réflexion dans un monde où les brassages ethniques et culturels se font de plus en plus nombreux ».


Au programme ce samedi à Saint-Denis

"Sobatkoz filo" à la bibliothèque Peters
et "Marathon philosophique" au "Téat gran-bazar"

Hier, le Cercle Philosophique Réunionnais a transmis aux médias plusieurs documents sur la Journée Mondiale de la Philosophie, notamment l’appel lancé à ce sujet par la Directrice générale de l’UNESCO (voir "Témoignages" de mardi dernier), le rappel des actions menées dans le pays lors de l’édition 2010 de cette "Journée" (d’un mois… !), ainsi que les projets d’actions déjà prévus pour cette année. Nous aurons l’occasion d’y revenir. Pour aujourd’hui, priorité à deux rendez-vous annoncés pour ce samedi par deux associations :

• "Sobatkoz filo" du Cercle Philosophique Réunionnais, avec sa présidente, Aude-Emmanuelle Hoareau, ce samedi 19 novembre à 15 heures 30 à la bibliothèque Alain Peters (quartier du Moufia à Saint-Denis), sur "L’art créole, expression d’une résistance ?". Échange précédé par la projection d’un documentaire sur l’histoire de l’art à La Réunion. Séance gratuite et ouverte à tout public.

• Les Rencontres de Bellepierre et le Centre dramatique de l’océan Indien (CDOI) organisent comme l’an passé un "Marathon philosophique", avec pour thème de départ : la crise !

Crise de la philosophie ? Philosophie de la crise ? Quelle philosophie pour affronter la crise ? À qui profite la crise ? Piquer une crise, oui, mais à qui ? La crise : remède ou maladie ? Quelle petite entreprise ne connaît pas la crise ? 
Autant de questions qui seront abordées — ou pas — au cours de ce marathon, où la parole sera le relais qu’on se passe de main en main pour aller plus loin, ensemble. 

Venez avec vos réponses, nous aurons beaucoup de questions. Ces questions seront lancées par l’équipe de PILS qui a réalisé des interviews dans la rue, micro-trottoir, stylo-caméra, sondage-image.

Quelques heures pour écouter, intervenir, éclairer, contester, discuter, parler, se taire, réfléchir, oublier, démonter, muscler, anéantir… la crise !


 Samedi 19 novembre à partir de 17 heures au Théâtre du Grand-Marché. Entrée libre (les retardataires seront admis, et toujours bienvenus).


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