Culture et identité

« Nou vé pa fé la fèt pou la fét… »

Ankraké célèbre le 20 décembre, demain, à partir de 18h30

YVDE / 17 décembre 2009

L’association Ankraké célébrera l’abolition de l’esclavage, le 18 décembre à partir de 18h30, sur le port, près du pilon, monument célébrant le 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Mais il ne s’agit pas de faire la fête pour la fête, comme le souligne Laurita Alendroit, la présidente. Il s’agit de réfléchir aussi à ce que représente l’abolition de l’esclavage pour l’ensemble de la population.

« Il est important de rappeler l’essence même du 20 décembre », souligne Laurita Alendroit, présidente de l’association saint-pierroise. « Koman nou doi kontinyé a batayé pou arash nout liberté ? », dit-elle. Elle évoque, avec une certaine indignation, l’ouverture des grandes surfaces le 20 décembre pour favoriser la consommation.
La présidente affirme que la célébration de l’abolition de l’esclavage, c’est aussi l’occasion , « pou bann domoun, di kosa zot i vé pou zot péï, san atann lo zéleksyion ».
Laurita Alendroit, parle d’une génération sacrifiée à qui l’on a enseigné que « nos ancêtres étaient des Gaulois ». Elle souhaite que l’on donne aux enseignants les moyens de parler de l’esclavage, et plus généralement de l’Histoire de La Réunion. Cela commence à se faire, mais, soutient-elle, il convient d’aller plus loin.
De la même manière, elle attire l’attention sur la nécessité de considérer la célébration de l’abolition de l’esclavage comme une manifestation « qui concerne toutes les Réunionnaises et les Réunionnais », et cela est valable selon elle pour le Dipavali, l’anniversaire de Guan Di… « Sinonsa sét in nafér ipokrit », note-telle.

Des fleurs pour les ancêtres

Demain soir, à partir 18h30 ; sur le port de Saint-Pierre, de l‘autre côté du pont, côté Terre-Sainte, près du monument appelé "pilon", Ankraké célébrera l’abolition de l’esclavage. Mais avant le kabar, comme d’habitude, « ek bann tambours, nou sava lans bann flèr dan la mèr. Néna in ta domoun, zonm konm fanm, ke la pa été mi antèr. Sa lé inportan. Nou sava rann azot in lomaz avan nou komans nout kabar ».
Et dans le kabar sont invités des artistes engagés qui ont des choses à dire. Et en premier lieu, Danyèl Waro, « i fé anou lonèr vnir zoué dan nout kabar », et puis les jeunes du groupe Dyanpar, Jean-Marie Baret, Ingrid Varon, Amba, Rétro Bonheur, Amélie Burtaire, Lansor, etc… « Nou vé pa fé la fèt pou la fét », dit encore la présidente d’Ankraké.

YVDE



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  • L’abolition de l’esclavage signifie l’accès à la liberté, la rupture de toutes les chaînes, la reconnaissance de la dignité de tous. L’abolition de l’esclavage signifie la prise en compte des 2 autres termes de la devise de notre République, à savoir "EGALITE" et "FRATERNITE".
    Faire la fête le jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage sans permettre d’améliorer concrètement les conditions de vie de ceux qui sont restés enchaînés au dernier barreau de l’échelle sociale de la Réunion......c’est jeter de la poudre aux yeux ; c’est une insulte à la misère.
    C’est bon de rendre hommage aux ancêtres. Soyons sérieux, soyons humains, ne mentons ni à nous-mêmes, ni à personne : on ne pvit pas en se contentant de regarder dans les rétroviseurs ; regardons devant. Améliorons le présent de ceux qui pataugent dans une vie précaire ; voyons l’avenir dans une dimension qui rendra l’existence plus humaine.

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