Culture et identité

Nout kiltir i rézist !

Remise du Prix LanKRéol 2011

Témoignages.re / 3 novembre 2011

À l’occasion de la 8ème édition de LanKRéol, concours littéraire de nouvelles, contes, légendes et poèmes en créole réunionnais, on a pu mesurer à quel point nout lang i avans. Malgré les carences des services publics de l’État et notamment du système éducatif dans la promotion de ce trésor de notre identité réunionnaise, notre peuple résiste à la politique assimilationniste et au mépris dont sa culture spécifique est encore victime trois siècles et demi après le début de la colonisation du pays. Nout kiltir i rézist vréman ; mé la batay i kontinu !

Samedi dernier, au Conservatoire à rayonnement régional de Saint-Denis, les organisateurs du concours LanKRéol pour l’année 2011 ont organisé une remise des prix et des mentions spéciales du jury.
Les organisateurs de cette action pour promouvoir la langue créole réunionnaise sont : l’Union pour la défense de l’identité réunionnaise (UDIR), la Ligue de l’enseignement–Fédération de La Réunion, et le Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement (CCEE).

Pourquoi ?

Le dossier de presse publié par le CCEE à ce sujet répond notamment à la question : pourquoi un concours en langue créole ?

- La langue créole réunionnaise n’est pas toujours valorisée. Pourtant, elle est apte à transposer l’imaginaire réunionnais, riche en contes et légendes, et à exposer le rapport des Réunionnais au monde. Elle constitue notre patrimoine linguistique.

- Une langue disparaît tous les 15 jours… Nous pouvons favoriser la transmission de notre langue créole réunionnaise et de l’imaginaire qu’elle véhicule, car les écrits restent.

- La littérature locale en langue créole réunionnaise reste encore trop peu fréquente, quoiqu’en développement croissant, favorisé notamment par les besoins liés à l’enseignement scolaire ou encore l’engouement pour la BD en créole réunionnais.
Ce concours littéraire a donc pour vocation d’encourager et de dynamiser l’écriture en créole réunionnais, et de montrer qu’elle peut être de qualité.

Une forte participation

Les participations et résultats des éditions précédentes du concours LanKRéol vérifient la qualité des productions littéraires en langue créole réunionnaise et témoignent de l’intérêt accru porté à la langue : depuis 2004, ce sont 170 candidatures, 275 œuvres reçues et 24 auteurs primés et remarqués !
LanKRéol 2009 marque la montée en puissance du concours.
Depuis, une trentaine d’auteurs participent chaque année à cette épreuve littéraire et déposent entre 50 et 70 œuvres.
En général, chaque édition permet de repérer entre 5 et 7 auteurs.
Voilà pourquoi, en conclusion, « les organisateurs tiennent à remercier les candidats pour leur participation, ainsi que les membres du jury ».

Palmarès des œuvres primées et remarquées

• Le Prix LanKRéol 2011 : "Fortuna", un fonnkèr de Jean-Hugues Hoarau.

• Encouragements du jury : "Si plétadië", une nouvelle de Daniel Guérin.

• Mentions spéciales :

"Romans gran matin", un fonnkèr de Didier Acadine ;

"Kinm", un fonnkèr de Carlo De Sacco ;

"Bisik la monté", un fonnkèr de Mireille Sautron.

Les œuvres remarquées feront l’objet d’une publication par le Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement.

Les membres du jury

Jessica Imaho-Ichiza, auteure et lauréate du Prix LanKRéol 2009, présidente du jury LanKRéol 2011 ;

Sophie Bridier, lauréate du Prix LanKRéol 2010 ;

Stéphane Hoarau, auteur, plasticien et responsable éditorial de la revue réunionnaise "Point d’orgue" ;

Teddy Iafare-Gangama, auteur ;

Nancy Ramaye, professeur dans le second degré ;

Nicolas Séry, auteur et lauréat du Prix LanKRéol en 2006 et en 2008 ;

Bernadette Thomas, auteure.


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