Culture et identité

« Nout zansèt, nout fors »

La fête des ancêtres au Camp Marron du Dimitile

Témoignages.re / 18 décembre 2009

Plusieurs centaines de Réunionnais ont participé le week-end dernier sur le Plateau du Dimitile à la traditionnelle fête Ati-Damba, en hommage à nos ancêtres marrons qui ont résisté à l’esclavage et lutté pour la liberté. Des ancêtres dont nous sommes fiers et dont nous devons continuer le combat dans le contexte d’aujourd’hui.

L’édition 2009 de la fête des ancêtres au Camp Marron du Dimitile a été une grande réussite ; tant par le nombre de participants que par l’union fraternelle qui a rassemblé ces derniers dans le respect de la diversité culturelle. Une cérémonie particulièrement émouvante s’est déroulée dans le Camp Marron, autour de la stèle qui porte les visages de Dimitile, Laverdure et Sarlave, trois des esclaves rebelles de La Réunion qui ont combattu l’esclavage.
Cette cérémonie était animée par Charlotte Rabesahala, de l’association Miaro, dont la devise est "Nout zansèt nout fors". Elle a appelé tous les Réunionnais à s’unir toujours davantage dans l’hommage à nos ancêtres qui ont lutté pour la liberté.
Avant le début de la cérémonie, les représentants des différentes associations co-organisatrices de cet événement ont pris la parole pour souligner son importance et sa signification. Ainsi, le président de l’association Dimitile, Louis Dijoux, a rappelé qu’avec ses amis il travaille depuis dix ans à la valorisation de ce site. Il a exalté le partenariat et le « partage de fraternité » dans l’hommage aux esclaves, auxquels nous devons ce que nous sommes aujourd’hui.
Honoré Rabesahala, président de Miaro, a félicité tous les acteurs institutionnels et associatifs qui renforcent « l’adhésion collective à la réappropriation par tous les Réunionnais de leur Histoire et des valeurs ancestrales ». Il a encouragé tous ces acteurs à travailler ensemble pour « l’union avec tous les marrons et le soutien aux rebelles ». Son ami Miko a rappelé que les premiers Réunionnais étaient des Malgaches et Aline Murin-Hoarau a cité les noms de nombreux esclaves marrons, en souhaitant que leurs noms se retrouvent davantage dans notre toponymie.
Ensuite, tous les participants à la cérémonie ont remis leurs offrandes aux ancêtres et l’ancien lamba a été remplacé sur la stèle par le nouveau. Avant le partage du repas, ils se sont donné rendez-vous pour l’an prochain.

 Correspondant 



Un message, un commentaire ?



Messages






  • Loin de moi l’idée d’ignorer nos ancêtres. Eux, ils se sont révoltés, rebellés pour obtenir une amélioration de leurs conditions de vie. Cela a abouti à l’abolition de l’esclavage dans la colonie de Bourbon.
    Cette abolition n’a été qu’un tremplin vers une nouvelle liberté qui reste encore à gagner. Les citoyens d’aujourd’hui ne peuvent pas se contenter de rendre hommage aux ancêtres. Ils aspirent à un mieux-être ; ils aspirent à être libérés de chaînes qui les empêchent d’accéder au travail, à des postes de responsabilité,, à la culture, aux loisirs. Ils aspirent à se prendre eux-mêmes en charge, ce qui sera le symbole de leur dignité. Au 21ème siècle, 161 ans après l’abolition officielle de l’esclavage, c’est long, les citoyens d’aujourd’hui rêvent d’une société à taille humaine où règnera une paix à cultiver.

    Article
    Un message, un commentaire ?


Kanalreunion.com