Culture et identité

Parcours de l’exposition "L’esclavage aujourd’hui"

"2011 : l’Année d’Élie, un combattant Réunionnais de la Liberté"

Témoignages.re / 13 mai 2011

Dans le cadre de la célébration de l’Année d’Élie, en hommage aux esclaves réunionnais qui se sont révoltés en 1811 dans la région de Saint-Leu, et à l’occasion du 10ème anniversaire de la loi reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité, l’Union des familles laïques de La Réunion (UFAL 974), présidée par Hubert Hervet, a organisé le 10 mai, à la Médiathèque Lacaussade de Saint-André, une exposition-débat sur "L’esclavage aujourd’hui". Cette exposition est visible toute la semaine de 9h à 17h. Elle permet de faire le lien entre notre Histoire (avec les souffrances et les combats vécus par nos ancêtres), la situation actuelle dans le monde comme à La Réunion et les luttes à mener pour construire une société d’avenir respectant les droits humains de notre peuple comme ceux de toute l’humanité. En voici la présentation des 8 premiers panneaux par l’UFAL.

• Les deux premiers panneaux définissent l’esclavage après que les esclavages classiques focalisés sur la « traite » depuis l’Afrique ont été abolis. Cette définition — « l’état de ceux qui sont soumis à une autorité tyrannique » — est exprimée en termes juridiques dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948 : « NUL NE SERA TENU EN ESCLAVAGE NI EN SERVITUDE ; L’ESCLAVAGE ET LA TRAITE DES ESCLAVES SONT INTERDITS SOUS TOUTES LEURS FORMES ». La plupart des nations ont signé cette Déclaration. Qu’en est-il exactement ?

• N°3 : L’esclavage est toujours un fléau mondial. Il concerne plus de 50 États et plus de 200 millions de victimes.

• N°4 : L’esclavage de caste maintient encore en situation de dépendance des familles complètes, en quelques endroits du monde. Une tradition qui permet cette situation n’est pas une « culture ». La tradition devient criminelle, la culture permet l’épanouissement de l’être humain.

• N°5 : L’esclavage ethnique naît d’un conflit entre populations différentes par leurs cultures, le plus souvent leurs religions, ou les caractéristiques physiques. Les vaincus sont prisonniers, traités en esclaves et vendus comme tels.
C’est cette forme de conflits qui a alimenté la traite négrière dont La Réunion a été un des aboutissements. C’est la forme la plus ancienne qui subsiste encore ponctuellement.
Le mot esclave vient de "slave", nom de populations d’Europe asservies dans l’antiquité gréco-romaine.

• N°6 : L’esclavage pour dettes est peu connu, mais largement répandu dans le monde, où 20 millions d’êtres humains seraient dans cette situation. La dette se transmet aux enfants, une situation semblable à celle de l’esclavage de caste.

• N°7 : L’esclavage économique est, de nos jours, semblable à certaines situations en France et en Europe lors des révolutions industrielles des 18ème et 19ème siècles. La mondialisation qui met en concurrence les économies développe, dans certains pays, l’esclavage et l’exploitation du travail des plus pauvres.

• N°8 : En milieu rural, la misère, la faim, l’analphabétisme favorisent l’asservissement humain. Au début du 21ème siècle, il existe à travers le monde un plus grand nombre d’esclaves qu’à aucun moment du passé. (ONG Anti Slavery fondée en 1839).


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