Culture et identité

Pondichéry 2010 : Sur les traces de nos ancêtres indiens

Hommage à ceux qui ont peuplé La Réunion

Manuel Marchal / 18 septembre 2009

Le 16 décembre 2004 à Fort Dauphin eut lieu la pose d’une stèle commémorant un des points de départ du peuplement de La Réunion. Le 22 janvier 2009, c’est à Pondichéry qu’une telle stèle sera érigée. À cette occasion, hommage sera rendu à tous les ancêtres venus de l’Inde pour peupler notre pays.

Hier, à la veille du Mahalaya Pakcham, le jour d’hommage à tous les défunts pour les hindous, le Collectif des Poùdjaris de La Réunion tenait une conférence de presse pour présenter la manifestation "Pondichéry 2010". Du 18 au 23 janvier prochain, une délégation d’officiants réunionnais se rendra à Pondichéry pour participer à l’inauguration d’une stèle commémorative dans ce port d’où ont embarqué de nombreux ancêtres pour un voyage sans retour vers La Réunion.
Ce projet s’inscrit dans celui de "La route de l’esclave dans l’océan Indien" lancé par l’association Historun, l’Université de La Réunion et la Chaire UNESCO. Par l’érection de stèles commémoratives, ce projet matérialise les liens historiques et culturels entre La Réunion et les terres d’origine des ancêtres des Réunionnais.

Avec la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise

Après la stèle de Fort-Dauphin, celle de Saint-Paul, celle du Mozambique et celle de Maurice, c’est l’Inde qui va accueillir un tel monument. Le rendez-vous est fixé au 22 janvier prochain. Cette cérémonie sera un hommage à nos ancêtres venus de l’Inde. Les organisateurs de l’événement ont sollicité les associations culturelles indiennes. La Fédération des associations tamoules, Tamij Sangam et l’USKIR sont invitées à participer, ainsi que tous les prêtres et les présidents de temple à une commémoration qui se veut la plus large possible. Dans la perspective de cette commémoration des prêtres ont créés un Collectif des Poùdjaris de La Réunion, précise Julien Ramin, alors qu’en Inde, un collectif est aussi créé pour cette occasion, présidé par le Docteur Dalam, président de l’Alliance française de Pondichéry.
Alexis Ponin, du Collectif des Poùdjaris de La Réunion, indique que pour la première fois, des officiants réunionnais seront mis en avant lors d’une cérémonie cultuelle en Inde. Tous les prêtres de La Réunion sont invités à faire remonter les noms connus de tous les immigrants qui ont fait le voyage sans retour entre l’Inde et La Réunion. Tout un travail sera d’abord fait à La Réunion, par la section "tamoul" du lycée Mahatma Gandhi de Saint-André, pour rechercher l’origine de ces noms. Cette connaissance permet de pouvoir ensuite identifier le lieu d’origine de l’immigrant. Ce travail enrichira également la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise qui, comme la Région, soutient cette commémoration. Elle pourra en effet archiver tous les noms et leur signification, précise Julien Ramin.

La porte du voyage sans retour

Concernant le déroulement de la cérémonie à Pondichéry, Paul Canaguy indique qu’elle sera précédée d’une minute de silence sur le site du Godown. C’est un lieu constitué de baraquements où étaient concentrés les futurs immigrants avant leur embarquement. C’est par là que sont passés ceux qui sont parti à La Réunion, mais aussi à Maurice et en Afrique du Sud. Aura lieu ensuite une marche dans les pas des ancêtres de Godown aux vestiges de l’embarcadère où pourrait avoir lieu une mise à l’eau symbolique. La stèle sera ensuite inaugurée et des prières seront dites en citant les noms des immigrants.
L’érection de cette stèle permettra aussi à des familles indiennes de faire le deuil d’un parent parti sans revenir il y a un siècle et demi, et de retrouver une part de cet être dans les Réunionnais qui viendront à Pondichéry du 18 au 23 janvier. Car ces Réunionnais symbolisent ce que sont devenus les immigrants, ajoute Alain Mardaye.
« Les prêtres ont décidé de ne pas s’arrêter là », ajoute Julien Ramin. Une deuxième cérémonie aura lieu à La Réunion, le 13 février suivant à la date de la nouvelle lune. La deuxième étape de la commémoration vise à élargir la portée de cet événement au plus grand nombre. Elle a aussi comme objectif de marquer symboliquement la fin du voyage, « là où la terre a absorbé le corps des immigrants », indique Alexis Ponin.

Manuel Marchal



Un message, un commentaire ?



Messages






  • Bonjour
    Je suis d’origine pondichérienne et mon coeur est rempli d’émotions.C’était un trafic abominable et dégoûtant.Combien de familles auraient été déchirées à l’époque ?In imaginable.Les hommes sont très égoïstes et opportuns.Encore quelle est la douleur de déraciner une population entière de leur source, de leur terre et de leur religion au nom de l’intégration.Les immigrés indiens avaient souffert aux mains de gens sans scruples.Ils n’y a avait pas de médecins,travaux forcés,coups de fouets etc...
    Je suis content que vous retrouviez vos ancêtres et que le passé douleureux soit classé mais non-oublié.Que cette stèle(déjà installée à Pondichéry en 2010 et je l’ai vue)ouvre de nouveaux horizons entre ces deux populations de même Mère.
    Oublions et pardonnons,mais souvenons-nous de nos ancêtres et leurs souffrances.
    Meri d’avoir partagé.

    Article
    Un message, un commentaire ?






  • je m’apple ANBARASI je suis née à PONDICHERRY. Vous pouvez me envoyer les photos de PONDICHERRY svP} }

    Article
    Un message, un commentaire ?


Kanalreunion.com