Culture et identité

Pour l’UNESCO, le premier symbole de l’année 2010 pour le rapprochement des cultures

Stèle en hommage aux engagés et esclaves indiens à Pondichéry

Témoignages.re / 29 janvier 2010

La sixième étape de la “Route des esclaves et des engagés” vient de s’achever, avec l’installation d’une stèle à Pondichéry en hommage aux ancêtres originaires de l’Inde. D’après l’historien Sudel Fuma, l’UNESCO vient de retenir cette stèle comme « premier symbole de l’année 2010 dans le cadre du rapprochement des cultures ».

La stèle, esquissée par l’Ecole des Beaux Arts du Port, a été réalisée par un artiste indien et dévoilée le 22 janvier dernier dans le jardin de l’auditorium de l’Université de Pondichéry. Le texte de la stèle est traduit en français, anglais, tamoul et créole. L’artiste a représenté le bateau de l’Histoire pointant vers l’océan Indien.
L’opération “Route des esclaves”, portée par l’UNESCO et l’association Historun depuis 2002, consiste à inaugurer des stèles en mémoire des esclaves et engagés qui ont contribué au peuplement de La Réunion et plus largement de l’océan Indien, sans oublier ceux qui ont perdu la vie avant même de traverser la mer. Une façon aussi d’exprimer la volonté de renouer les liens avec les pays d’origine. Après Fort-Dauphin (Madagascar) en 2004, Saint-Paul en 2005, l’Ile du Mozambique en 2007, l’Ile Maurice et Mayotte en 2009, la route devait donc s’arrêter en Inde.

Émotion et réussite

L’inauguration de la stèle en hommage aux engagés et esclaves indiens a pris place au sein d’un riche programme d’échanges avec les Pondichériens, du 19 au 26 janvier. 348 Réunionnais ont fait le voyage, parmi lesquels des lycéens (lycées Mahatma Gandhi, Georges Brassens, Ambroise Vollard), des associations (Gopio, USKIR, Tamil Shangam, etc.), des universitaires, des Réunionnais simplement en quête de rencontre avec la culture indienne. « Beaucoup de Réunionnais n’avaient jamais mis les pieds en Inde », précise l’historien Sudel Fuma pour mieux souligner l’intensité de ce retour en terre indienne loin de se résumer à « une opération malbar ».
Émotion et réussite. Pour Julien Ramin, président du Comité Réunionnais pour la commémoration des liens historiques entre l’Inde du Sud et les pays de l’océan Indien, les deux termes résument bien l’expérience vécue à Pondichéry : l’accueil chaleureux par les Indiens dès l’arrivée à Chennai et à Pondichéry, la participation des habitants du village de pêcheurs de Nadukuppam (Tamil Nadu) à la cérémonie religieuse des poussaris réunionnais et indiens en hommage aux ancêtres, la présence d’officiels indiens à l’inauguration de la stèle...
Pour l’Université de La Réunion, le voyage a permis la signature d’une convention de coopération avec l’Université de Pondichéry, pour l’échange d’enseignants-chercheurs et d’étudiants. Une convention qui s’est concrétisée immédiatement avec le départ d’une étudiante réunionnaise en littérature comparée. Pour Laurent Sermet, cette convention conforte la place d’université territoriale à vocation régionale de l’Université de La Réunion. Une convention de plus avec l’Inde, qui s’ajoute à celles conclues avec l’Université Jawaharlal Nerhu de New Delhi en littérature comparée et l’Université du Bangalore en biotechnologie. Le président de l’Université de Pondichéry devrait être accueilli à l’Université de La Réunion en mai.
Le Conseil général et le Conseil régional ont accompagné l’opération.

Edith Poulbassia 


Partager Pondichéry 2010 avec les Réunionnais

Le collectif des Poussaris qui ont procédé à la cérémonie religieuse au village de Nadukuppam invite les Réunionnais à revivre ce moment le 13 février en bordure de La Rivière des Galets à partir de 7h00.
Par ailleurs, le Conseil régional invite tous les participants de Pondichéry 2010 le 18 février au Conservatoire de Saint-Benoît, pour une restitution de l’événement.


Un retour en Inde

Pondichéry 2010, c’était l’inauguration d’une stèle dans le jardin de l’auditorium de l’Université de Pondichéry en hommage aux ancêtres indiens, une marche au départ de l’ancien entrepôt des engagés, des expositions présentées par les lycéens de Mahatma Gandhi, Brassens, Ambroise Vollard, une cérémonie religieuse dans un village du Tamil Nadu, la participation d’artistes réunionnais au Festival Bonjour India et au 120ème anniversaire de l’Alliance Française, la présence d’universitaires réunionnais à un symposium international sur la diaspora indienne et l’inter-culturalité dans l’histoire des îles et pays de l’océan Indien, une exposition itinérante sur les Lazarets...



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Messages






  • Quelle ségrégation dans le devoir de mémoire !

    En 2010, nous assistons à un déploiement de moyens collossaux pour Pondichéry. Ces moyens institutionnels représentent 20 fois l’aide publique accordée à Histo run pour le jardin de la mémoire à ilha de Moçambique en 2007 !
    Nou lé plis, nou lé pa mwin respek tanou. La mémoire kaf est elle releguée !
    Aller vers l’unité commence par ré-équilibrer ces marqueurs de discrimination.

    Raphaël MITHRA

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