Culture et identité

« Pour vivre ici »

Le message de Monseigneur Gilbert Aubry aux Réunionnais

Témoignages.re / 23 septembre 2010

Avant-hier, “Témoignages” a consacré son “édito kréol”, le “Oté” de Justin, au traditionnel rassemblement religieux organisé à la Salette (Saint-Leu) dimanche dernier en présence de plusieurs milliers de fidèles catholiques et à l’homélie qu’y a prononcée l’évêque de La Réunion. Dans cet article, notre journal a souligné l’importance de ce rassemblement et le contenu positif du sermon de Monseigneur Gilbert Aubry. Des propos qui vont dans le même sens que ceux d’autres responsables réunionnais du monde religieux mais aussi socio-économique, culturel, politique etc. Interpellé par des personnes sur le sens de son homélie du 19 septembre à la Salette Saint-Leu, le responsable de l’Église catholique à La Réunion a fait parvenir à “Témoignages le texte intégral de sa conclusion, sous le titre : « Pour vivre ici ». Nous publions ce texte ci-après.

« La religion, ce n’est pas du folklore. La foi chrétienne est un ferment qui soulève la terre au niveau du ciel parce que Dieu vient habiter en nous.

En 1846, à la Salette, près de Grenoble, Marie interpelle les chrétiens sur l’essentiel pour leur vie :
• Donner la première place à Dieu.
• Vivre avec les autres comme une seule et même famille humaine.
• Rechercher les moyens de vivre pour permettre aux enfants et aux jeunes de gagner leur vie, de réussir leur amour, d’élever à leur tour leurs enfants et de construire un monde de justice et de paix, dans l’harmonie de la création.

Aujourd’hui, pour nous, à La Réunion, c’est toujours la même interpellation. Est-ce que nous, les adultes, nous sommes prêts à modifier nos mentalités, nos modes de consommation et nos comportements pour cela ? Nous devons prier et agir pour :

• Mettre en valeur nos talents par la créativité.
• Produire ici au maximum ce qui est nécessaire à notre nourriture et ce dont nous avons besoin.
• Construire des logements.
• Anticiper sur l’avenir et nous ouvrir sur la mondialisation.

En dialogue avec les autres membres de la société, nous avons à favoriser la recherche d’un mode de gouvernance politique qui permette la créativité et la responsabilité locales en ne jouant pas sur des alibis, en ne recherchant pas de bouc-émissaires et ne manipulant pas la peur. Ce sont des méthodes du passé, des méthodes dépassées. L’Église attend de toute gouvernance politique qu’elle soit véritablement au service du bien commun dans une perspective qui tienne compte des évolutions nationales, régionales et mondiales. C’est la question essentielle au nom même d’un amour interpersonnel, familial, social, économique, politique.

Sur la banderole de notre rassemblement, il est écrit : “Avec Marie, l’amour dans la vérité !”. L’amour dont le Christ nous aime est infini. Et puisque nous sommes ses disciples, nous ne pouvons pas nous désintéresser de la vie sociale, économique et politique. Bien au contraire. Quand nous, chrétiens, nous prions le “Notre Père”, c’est tout autant pour rendre gloire à Dieu que pour nous engager à construire une vie fraternelle dans la solidarité et l’espérance ».

Monseigneur Gilbert Aubry


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