Culture et identité

Quelles leçons peut-on tirer de la révolte de 1811 ?

"2011 : l’Année d’Élie, un combattant Réunionnais de la Liberté"

Témoignages.re / 15 juillet 2011

Dans le cadre de la commémoration du 200ème anniversaire de la révolte de nos ancêtres esclaves dans la région de Saint-Leu en compagnie d’Élie, les associations et militants culturels ainsi que les collectivités partenaires de cette célébration ont réussi à organiser depuis le début de l’année, chaque mois, plusieurs actions dans ce sens. Cette commémoration, qui va se poursuivre jusqu’à la fin de l’année, suscite de nombreuses réflexions.

Les diverses actions organisées depuis six mois dans les différentes régions de l’île pour célébrer "2011 : l’Année d’Élie, un combattant Réunionnais de la Liberté" ont notamment deux intérêts très importants et qui vont continuer à être valorisées au cours des six mois à venir :
Premièrement, faire connaître à un maximum de Réunionnais tout ce qui s’est passé avant, pendant et après la révolte des esclaves dans le Sud-Ouest du pays, parce que c’est un des événements les plus importants de la période de l’esclavage à La Réunion et qu’il est capital de transmettre ce savoir aux générations futures afin que notre peuple puisse en toute liberté s’approprier son Histoire.
Deuxièmement, il s’agit aussi, lors de ces rencontres et cérémonies, de rendre un vibrant hommage à ces ancêtres, qui ont eu un courage extraordinaire pour organiser et mener cette révolte mais aussi pour affronter la répression atroce qu’ils ont subie pendant et après ce combat pour la liberté.

Une autre dimension

Ces deux dimensions — mémorielle et émotionnelle — ont une grande importance si l’on veut donner un sens puissant et enrichissant à la célébration de "l’Année d’Élie". Mais on peut aussi réfléchir ensemble à une autre dimension de cette commémoration : quels enseignements pouvons-nous tirer de cette révolte ?
Par exemple, on peut se demander grâce à quels comportements exemplaires cette révolte a pris une telle ampleur dans un contexte esclavagiste et colonialiste aussi difficile. Autre questionnement possible : pourquoi ce soulèvement a-t-il échoué et quelles erreurs ou faiblesses — à éviter désormais — les rebelles ont-ils éventuellement commises ?
D’autres interrogations peuvent nous venir à l’esprit. Par exemple, quel rôle a joué dans cette affaire l’esclave traître Figaro, qui a dénoncé les combattants de la liberté aux maîtres esclavagistes ? Et que faire aujourd’hui face aux nouveaux "Figaro" qui collaborent avec le pouvoir néo-colonial en violant les droits fondamentaux du peuple réunionnais ?
Voilà quelques pistes de réflexions — parmi d’autres — que l’on peut lancer pour tirer des leçons de la révolte de 1811. Tout cela pour savoir comment aujourd’hui nous devons mener le combat pour la justice et la liberté afin de gagner ce combat…

L. B.


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